mardi 12 juillet 2011

Qu'il est beau l'espoir au petit matin

Tenter d'ouvrir les yeux me demande un effort quasi surhumain, le mal de crâne qui l'accompagne me rappelle rapidement la soirée d'hier, et me colle un sourire sur le visage. Lorsque j'arrive à ouvrir mes yeux, la vision de la belle endormie à mes côtés me convainc que tout était bien réel. Tout est vrai, ce qui veut dire que cette fois, mon cauchemar et bel et bien terminé, pour de bon. Je tends ma main jusqu'à toucher son visage, le dégageant de ses mèches blondes, me remémorant la conversation de la veille. Allongée dans ses bras, entre baisers et verres de Téquila.

"Alors ? tu vas me raconter ?"
"Je l'ai descendu, il n'y a pas grand-chose à dire de plus."
"Bien sur que si, ce n'est pas un petit criminel de bas étage que tu as coffré, raconte-moi, s'il te plait…"
"J'ai suivi les dernières infos que tu avais trouvées et j'ai enfin réussi à lui mettre la main dessus. Il était là, pour de vrai et cette fois j'allais pas le lâcher."
"Dis moi comment ça s'est passé, tu sais que j'aurai voulu être là pour voir ça."
"Je sais bien mais c'était entre lui et moi de toute manière, cette fois c'était vraiment la fin mais j'ai eu peur tout de même."
"Tu te retrouves face à ce monstre, c'est normal que tu ais pu avoir peur, il n'y a rien de mal à ça …"
"Je sais bien, mais je ne pouvais pas flancher, je ne pouvais pas le laisser s'échapper cette fois, Melinda ne me l'aurait pas pardonné…"
"Tu sais très bien qu'elle ne t'en aurait pas voulu…"
"Mais moi je m'en serai voulu, et il a commencé à me parler, à me provoquer …non je veux plus parler de ça…"
"Ella, tu sais qu'il faut que tu en parles, alors si tu préfères en causer à la blondasse de psy qu'on va t'envoyer consulter, soit tu profites de la blondasse qui est là en ce moment et qui elle n'est pas payée pour t'écouter, et a vraiment envie de savoir comment ça c'est passé, depuis que je te connais tu traques ce malade, depuis que je te connais je suis avec toi dans cette galère, j'ai envie d'en partager le dénouement aussi…"
"Excuse moi. J'étais là face à lui et il me provoquait, il me disais que c'était ma faute, que j'étais peut être une bonne flic mais que pour le reste je ne pouvais m'en prendre qu'à moi, pour lui c'était moi qui avait tué ma fille…"
"C'est faux, on sait tous que ce n'est pas toi qui a mis deux balles dans sa tête, on sait toutes les deux que ton mari était un connard et un lâche. On sait tous que tu aimais ta fille plus que tout au monde."
"Je n'ai plus hésité, je sais que je l'ai tué dès le première balle, et pourtant j'ai vider mon chargeur sur lui,  je ne me suis pas contentée de le tuer, je me suis acharnée, c'est pour ça que je suis mise à pieds, mais je m'en fous."
"C'est terminé maintenant, tu vas pouvoir dormir, tu vas pouvoir penser à autre chose, prendre du temps pour toi, et moi je vais pouvoir profiter de toi aussi."
"Tu penses que Danny a raison, que je suis folle d'être avec toi Hope ?"
"Danny et les autres pensent ce qu'ils veulent, ils ne me connaissent pas comme toi, ce ne sont pas eux qui sont bien avec moi, et moi tant que je suis avec toi c'est tout ce qui compte."
"Moi, la Téquila et toi, on est bien toutes les trois. Et tant pis si tu as pu te taper mon mari autrefois…"
"Si j'avais su à l'époque qu'il était marié ça n'aurait pas changé quelque chose, tu le sais bien, mais si j'avais su qu'il avait la chance de t'avoir toi, ce n'est pas lui que j'aurais mis dans mon lit…"
"C'est ce que Danny ne comprends pas, comment je peux être avec une maitresse de mon défunt mari … pour lui tu devrais être quelqu'un que je me dois de détester … mais c'est tout le contraire."
"Si j'avais été celle qui se tapait ton mari le jour ou le drame s'est produit, je pourrais comprendre. Mais peut être que Danny est juste jaloux…"

La conversation n'avait pas continuée, laissant place à d'autres mots, une multitude de baisers, de caresses et de cris de plaisir. Quand je la regarde, je ne peux m'empêcher de sourire, elle a toujours été là, elle m'a aidé à retrouver l'assassin de ma fille, elle m'a redonner goût à la vie, elle m'a fait connaitre un plaisir et un amour que je ne pensais plus connaitre de mon vivant. Je me rapproche d'avantage, laissant ma main glisser le long de son dos, mes lèvres se posant sur son épaule. Elle ouvre les yeux, elle sourit, et voilà que la gueule de bois s'envole, comme par magie.

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