jeudi 30 juin 2011

Dossier 99 : La Panthère Rose II

Une promenade de santé ce job. Allongée sur des draps de satin, totalement froissés par les ébats que je viens de partager, je m'étire, féline, un large sourire sur les lèvres. Ho ce n'est pas cette partie de jambes en l'air qui me fait sourire, pas entièrement du moins. Un rapide coup d'œil à l'horloge m'indique que le spectacle est sur le point de commencer. A mes côtés, le mâle continue son petit rendez-vous avec Morphée. Trois. Un moteur dans l'allée de la maison. Deux. Des talons aiguilles sur le bitume. Un. Une porte qui claque, une autre qui s'ouvre. Action ! 

Des cris de colère. Des pleurs de désespoir. Des insultes que je ne répéterai pas pour ne pas vous donner des idées. Un couple qui s'engueule, qui se déchire, qui s'envoie excuses et arguments au visage sous les yeux amusés de votre dévouée détective. J'aime cette situation, ho bien sur j'en prends pour mon grade, mais réfléchissez deux minutes. Un bon paquet de fric, je séduis, je prends mon pieds, et lorsque les ennuis arrivent, je me casse. La porte claque une nouvelle fois, le moteur se fait entendre une nouvelle fois, et moi je souris toujours, toujours nue sur le satin lorsque mon amant du jour revient dans la chambre et se laisse tomber sur le lit.

"Je dois t'avouer que je me suis servi de toi …"
"Explique-moi ça …"
"C'était ma femme, ca fait un moment qu'elle me casse les couilles mais avec le fric qu'elle a, et le contrat de mariage qu'on avait signé, si moi je demandais le divorce je repartais sans rien. Là, c'est elle qui se casse, et je vais m'en mettre plein les poches ! Tu m'en veux ?"

Mon pauvre chéri, si tu savais ce qui t'attends. Pour un peu je lui dirais tout mais je préfère m'amuser un peu. Après m'être redressée, je viens m'allonger sur lui, j'aurais bien envie de remettre le couvert et vu ce que je sens contre mon bas ventre, il ne serait pas contre lui non plus. Mais je suis une professionnelle, le boulot est fait et même si il ne me reste plus que la touche finale à mettre pour que la cocue sorte définitivement du tableau j'en ai terminé avec lui. Je le laisse m'embrasser et me caresser durant encore quelques minutes avant de me dégager, de quitter le lit et de partir à la recherche de mes vêtements savamment éparpillés dans la villa.

"Qu'est ce que tu fais ?"
"Tu t'es servi de moi c'est ce que tu as dit, alors je vais pas rester avec toi, je crois que je vais faire comme ta femme et te laisser."
"T'es pas sérieuse ? C'était bien non ? et maintenant qu'elle demande le divorce, je suis libre ! autant qu'on en profite."

Je manque d'éclater de rire en finissant de m'habiller, enfilant mes pieds dans mes escarpins j'attrape mon sac avant de le regarder, depuis le seuil de la chambre. Pauvre abruti, je me demande vraiment ce qu'elle te trouve la petite Princesse de Velvet. Un connard de plus, je lui en toucherais peut être un mot à l'occasion, mais bon il est doué côté sexe c'est peut être ça qui la motive Barbie héritière.

"C'était pas mal en effet, mais mon truc c'est les hommes mariés, t'as plus grand intérêt à mes yeux."
"Salope!"
"T'inquiête pas, quelque chose me dit que des nanas bourrées de frics tu vas en trouver encore pas mal sur ta route …"

Une fois à l'extérieur, je grimpe dans ma voiture et démarre, j'ai une cliente à informer moi. Je roule depuis à peine cinq minutes que mon portable sonne, si c'est elle, qui râle que c'était trop long, elle va m'entendre. Mais la voix n'est pas celle de Barbie Princesse, non c'est une voix connue, un peu fatiguée et une intonation que je n'aime pas trop. Elle devrait sauter de joie et non pas avoir la gorge nouée lorsqu'elle parle. Pas aujourd'hui ! Un coup d'œil à l'heure qu'il est, une demie seconde de réflexion et je l'interromps.

"J'ai vu les infos ce matin, faut qu'on fête ça ! Laisse moi passer au bureau et faire un ou deux téléphone. Je suis chez toi dans deux petites heures. Champagne ou Téquila ?"

mardi 28 juin 2011

Dossier 99 : La Panthère Rose I

Pourquoi ce nom ? Je vous en pose moi des questions sur la manière de classer vos fringues ? Sur le pourquoi du comment de la raison pour laquelle vous tournez les poils de votre brosse à dents à gauche ? Non. Alors foutez-moi la paix, je fais mon job, je m'occupe de mes affaires, faites de même. Je donne un nom à mes dossiers, pour la simple et bonne raison que les chiffres m'ennuient à mourir quand ils ne sont pas alignés et suivis de beaucoup de zéros sur un chèque ou un relevé de compte bancaire. Comment je choisis les noms ? Un magicien révèle t'il ses secret après sa première prestation ? 

J'ai du me retenir quand je l'ai vue entrer. Elle avait frappé brièvement sans attendre que je réponde et avait poussé la porte de mon bureau. Barbie agent secret qui tente de passer inaperçue. Enfin, Barbie ou plutôt sa copine brune dont on ne se souvient jamais du prénom parce que la blondasse prend toute la lumière. Bref le sosie de Jackie Kennedy en plus rose et plus sexy a posé ses jolies fesses sur le fauteuil me faisant face, elle retire son foulard et remonte ses lunettes de soleil sur sa tête. Avant de tapoter sur l'accoudoir du bout de ses ongles parfaitement manucurés. Je me contente de la regarder et de lui sourire. Je sais exactement ce qu'elle veut, ce genre de filles veulent toujours la même chose. Soit vérifier les agissements de son mec. Soit tout faire pour obtenir un mec. Quelque chose me dit qu'elle en avait rien à foutre de son mec actuel …

"Alors Princesse, qu'est ce que je peux faire pour vous ?"

Vas y regarde moi comme si tu étais outrée, pauvre petite chose fragile, tu crois que ta tête m'est totalement inconnue ? A moi ? Je n'ai pas passé les dernières années, encore moins les derniers mois dans une retraite quelconque au fin fond du Kamtchatka. La petite Princesse de la Vallée qui se pointe dans mon bureau en voulant ne pas se faire repérer, parce que recourir aux services d'une privée ça fait sans doute mauvais genre dans son petit monde merveilleux. J'ai hâte d'en savoir d'avantage, avec un poisson comme ça, je sens que je vais m'éclater.

"J'ai entendu dire que dans votre domaine vous étiez la meilleure, j'ai donc besoin de vous."

Ho oui flatte moi, encore, donne moi encore des compliments tu vas me rendre folle. Ma pauvre fille dans quel monde vis tu … Non, non, non, je ne parlerai pas plus, c'est à toi de m'en dire plus, je suis détective pas médium. Je me cale dans le fond de mon fauteuil après avoir attrapé mon paquet de clope, en collant une à mes lèvres et l'allumant d'un geste las. Bon alors tu vas te décider à parler ou tu attends un carton d'invitation ? Haaa elles m'énervent les pimbêches dans son genre, ces petites filles pourries gâtées à qui tout est du, à qui on offre tout sur un plateau et dont on anticipe tous les caprices. Tu ne vas pas manger de ce pain là avec moi ma douce.  

"Vous attendez que j'entre dans votre tête et que je découvre ce que vous voulez exactement ? ou vous allez nous faire gagner du temps et me dire ce qui vous amène ?"

Fais pas cette tête Princesse, je sais qu'on doit te lécher les bottes à longueur de journée, et bien ici tu n'es pas dans ton petit univers féérique ou tous tes désirs sont exécutés dans la seconde. Tu n'es pas dans ton monde, tu es dans le mien, ici c'est mon territoire, c'est moi qui fixe les règles et si je veux que tu me causes, tu me causeras, sinon la porte c'est par là chérie. Ho oui je suis une garce, je ne le dis pas, certes, mais elle peut très bien voir dans mon regard amusé que je me fous ouvertement de sa gueule, je sais que je n'ai pas de soucis à me faire. Au mieux elle cause, au pire elle se lève et pique une crise, change d'avis avant d'arriver au bas des escaliers et remonte parce qu'elle sait qu'elle a besoin de moi.

"Je veux un homme. Il est marié et je veux qu'elle dégage du tableau pour avoir le champs totalement libre."
 "Et bien voilà, c'était si difficile que ça ?"  

samedi 25 juin 2011

Hey there Delilah !

J'ai beau savoir exactement où je vais, je marche lentement dans ce grand jardin. L'air est chaud, la légère brise qui fait chanter les feuilles est la bienvenue aujourd'hui. J'ai l'impression de ne pas avancer, comme si je ne voulais pas toucher au but de ma promenade. Avec un peu de chance, je me réveillerais et tout cela disparaitrait comme par enchantement, ne resterait que cette belle journée, sans aucun nuages d'aucune sorte pour la ternir. La gerbe de roses que je porte est pourtant bien là, je la serre et je sens les épines me piquer les doigts. Ce n'est pas un rêve, malheureusement. La vérité s'enfonce dans mon doigt et y fait perler une goutte de sang. Cette allée je la connais, si bien, trop bien même depuis plus de deux ans maintenant j'ai du m'y rendre au moins deux fois par mois, au minimum. 

Je touche au but, j'ai des centaines d'images qui défilent dans ma tête, des souvenirs, heureux, douloureux, tristes, amusants, inquiétants. Je fais les quelques pas qui me séparent de là où ils se trouvent. Je dépose les vingt deux roses blanches, ses préférées, sur le marbre noir et lustré. Vingt deux, puisqu'aujourd'hui elle aurait eu vingt deux ans. Josh n'est pas venu, je n'ai pas réussi à le joindre et je sais qu'il ne serait pas venu avec moi. Je sais très bien ce qu'il m'aurait dit. Il n'y a pas besoin d'aller au cimetière pour pensez à elle. Je sais qu'il a raison, et même si elle est désormais allongée aux côtés de nos parents, moi j'ai besoin de venir ici.

"Bon anniversaire ma chérie. Je sais c'est débile de parler toute seule face à une pierre tombale, je sais aussi que ça te ferait plaisir que je me ridiculise rien que pour toi, alors considère ça comme ton cadeau d'anniversaire…"

D'un geste rapide je chasse une larme qui roule sur ma joue. Il y a des jours où je ne peux m'empêcher de me demander si tout cela s'arrêtera un jour. Ce qu'il va encore me tomber dessus dans la série des catastrophes. J'en parfois à me demander si c'est moi qui porte à ce point malheur aux gens que j'aime, peut être que si moi je n'étais pas là rien ne serait arrivé, et si je disparaissais ? est-ce que le dernier membre de ma famille qu'il me reste serait enfin en paix ? Il s'en voudrait lui aussi, il s'en veut déjà pour tout le reste, il ne cesse de le répéter lorsqu'il est sous l'emprise de drogue, ce qui revient à dire la moitié du temps depuis quelques mois.

Le premier coup de téléphone, annonçant la mort de nos parents, l'explosion de l'avion, la fin de notre vie heureuse, la fin de notre famille comme nous la connaissions. Et puis ce nouveau coup de téléphone il y a six mois, pour me demander de venir reconnaître Cassie, ma petite sœur à la morgue. Une overdose. Et comme si ça ne suffisait pas il faut que Josh s'y adonne encore d'avantage malgré le fait que cette merde nous ait pris notre petite sœur. Je perds pieds, lorsque je suis au Scarlett, je suis la directrice, je me plonge dans le boulot, je ne pense à plus rien d'autre qu'à diriger l'hôtel, à faire en sorte que tout soit parfait, à chaque minute de chaque heure de chaque jour. Mais lorsque je me couche, je ne suis plus que Lilah, l'orpheline qui ne sait pas dans quel lit, avec quelle drogue mon frère s'endort.

"Je savais que tu serais là …"

La voix grave me fait sursauter, je pensais être seule, je pensais avoir un peu d'intimité et pouvoir laisser mes larmes faire leur chemin sur mon visage. Mais la voix ne me surprend que quelques dixièmes de secondes avant de m'apaiser. Je ne bouge pas, restant debout face à la tombe des mes parents et de ma petite sœur. Il se rapproche et ses mains se noue autours de ma taille, et me serrent. J'ai l'impression que mes jambes sont en coton et que cette fois si je tombe je ne me ferai pas mal. Mes yeux se ferment et je me relâche un peu. Sa tête se pose sur mon épaule, je sens son visage frôler le mien. Pendant un instant je ne suis plus au milieu du cimetière, je ne suis plus en deuil, je suis bien, je suis en sécurité, je ne risque plus rien et la vie est belle.

"Quelqu'un t'as vu ?"
"Je ne sais pas, et je m'en fous!"
"Tu sais très bien qu'il ne faut pas qu'on nous voit tous les deux, ce ne serait bon ni pour toi, ni pour moi. Il faut que tu partes…"
"Je ne veux pas te laisser seule, pas aujourd'hui."

Je ne veux pas qu'il me laisse seule moi non plus, mais je n'ai pas le choix, nous n'avons pas le choix. Je me retourne et lève mon visage vers le sien. Le contact de sa main sur mon visage lorsqu'il essuie mes larmes me fait frissonner, je n'ai qu'une envie, l'embrasser, rester dans ses bras, être avec lui pour me sentir bien et oublier tout le reste. Mais la raison l'emporte, une fois de plus, je me contente de poser mes lèvres furtivement sur les siennes avant de quitter son étreinte.

"Il faut que tu partes ! je veux pas que tu ais de problèmes !"
"Je m'en fous Lilah, je t'aime c'est tout !"
"Moi aussi je t'aime, tu le sais très bien. On se retrouve plus tard à la maison ? je ne veux pas rester seule ce soir, je veux juste vérifier que Josh aille bien et je t'y rejoints."

jeudi 23 juin 2011

Lorsque le destin se manifeste,

Madame, Monsieur, Bonsoir.
Tragédie ce soir à Velvet Valley, pour des raisons encore inexpliquées la voiture de l'un des couples les plus connus de la ville a littéralement explosée. Simple accident ou assassinat, nul ne le sait encore et l'enquête est en cours. Blanche et Antoine Valmont laissent donc leur trois enfants orphelins.
 * * * * * * * * * *
"Nom ?"  
"Stanford"
"Prénom ?"  
"Alexander"
"Age ?" 
"53 ans"
"Etat civil ?" 
"Marié, trois enfants"
"Précisez s'il vous plait"
"Je suis marié à ma délicieuse épouse Marry Ann et nous avons trois enfants : Delilah, Josh et Cassie"
"Votre profession" 
"Directeur du Scarlett Hotel"
"Savez vous pourquoi vous êtes ici ?" 
"C'est ce que voudrais savoir, et surtout pourquoi vous interrogeZ également le reste de ma famille."
"Quelles étaient vos relations avec le couple Valmont ?" 
"QUOI ? attendez, c'est pour ça que je suis là ? Leur voiture a été piégée et vous m'accusez d'avoir voulu les tuer ?"
"Répondez à ma question Monsieur Stanford !" 
"Nous n'étions pas amis je vous l'accorde, nous étions rivaux au niveau de nos affaires, mais de là à vouloir leur mort … c'était un couple aussi exposé que celui que je forme avec ma femme. Leurs enfants et les nôtres ont les même âges, vous pensez que j'aurais voulu leur enlever leurs parents ?"
"Je ne pense rien, je ne fais que poser des questions. Où étiez-vous au moment de l'explosion ?"
"Je dinais avec Mary Ann et Cassie."
"Où ?"
"Au restaurant principal de notre établissement, comme bien souvent lorsque nous ne mangeons pas dans nos appartements."
"Je pense que vous avez des personnes qui peuvent confirmer votre alibi ?"
"Bien sur, nos employés, et les dizaines de clients présents."
"Savez vous où se trouvaient vos deux autres enfants ?"
"Si vous osez insinuez que mes gamins ont fait quoi que ce soit de mal je vous jure que …"
"Monsieur Stanford, contentez vous de répondre !"
"Delilah n'est pas descendue manger avec nous, elle était en train de revoir les comptes du mois derniers, ma fille travaille avec moi maintenant, elle veut montrer qu'elle est capable du meilleur et travaille beaucoup, trop parfois, nous lui avons fait monter son repas dans son bureau, vous pouvez vérifier avec le service d'étage."
"Et Josh ?"
"Mon fils et moi ne nous entendons pas au mieux depuis quelques mois, on ne fait que se croiser, je ne sais pas où il était. Sa mère doit savoir, ou demandez à ma Lilah, il ne lui cache rien. Mais il n'a rien fait de mal, c'est mon fils et même si je ne suis pas en bon terme avec lui en ce moment je sais qu'il ne ferait pas une horreur pareille, en plus, il est ami avec l'ainé des Valmont."
"Nous allons vérifier toutes ces informations, je vous conseille de ne pas quitter la ville pour les prochaines semaines, nous pourrions avoir d'autres questions."
"Je ne vais pas annuler le voyage que nos enfants nous ont offert pour notre anniversaire de mariage. Nous partons dans un mois, faites en sorte de faire votre travail rapidement, je ne veux pas repousser ce voyage."
 * * * * * * * * * *
Madame, Monsieur, Bonsoir.
Peu après 21h, quelques minutes après le décollage, l'avion privé du couple Stanford a explosé en plein ciel. Alors qu'ils avaient été entendus et innocentés dans l'enquête concernant la morte tragique du couple Valmont il y a quelques mois, le coule devait se rendre au Mexique pour célébrer leur anniversaire de mariage. Delilah Stanford, l'aînée des enfants du couple, qui travaillait déjà avec son père depuis plus d'un an, est déjà pressentie pour reprendre l'affaire familiale.

mercredi 22 juin 2011

Les diamants ne sont pas tous éternels.

Elle.
Elle est …
Elle est si belle, si jeune, si passionnée.
Elle est libre comme l'air.
Elle rêve de grandes aventures, de romance, de bonheur partagé.
Elle étudie, un peu, beaucoup, trop pour s'intéresser aux autres.
Elle change, se renferme.
Elle est déçue.
Elle veut que ça change.
Elle décide qu'elle sera quelqu'un quoi qu'il arrive.
Elle ne sait pas comment faire, elle doute, mais tout arrive lorsqu'on le veut assez fort.
Elle fait des rencontres, puis une rencontre. La rencontre.
Elle le trouve intéressant, bel homme, charmeur.
Elle baisse sa garde, elle cède.
Elle est amoureuse.
Elle est fière de devenir quelqu'un à son bras.
Elle se marie, elle est heureuse.
Elle ne l'est plus autant, elle se sent seul, son homme a une maîtresse qui se nomme travail.
Elle se sent abandonnée, délaissée.
Elle retrouve le sourire, dans les bras d'un autre, quelques temps.
Elle a un amant, marié lui aussi, à une autre femme bien réelle, elle.
Elle le quitte.
Elle le retrouve, l'aime, le quitte, revient, repars, décide de vivre cachée avec lui, parfois.
Elle retrouve son mari, elle lui annonce une nouvelle.
Elle est heureuse, elle est enceinte.
Elle doute, elle ne dit rien, elle ne dira jamais rien.
Elle devient mère, elle est fière, elle n'est plus seul et lui est comblé.
Elle grandit avec son nouvel amour.
Elle est à nouveau heureuse, à nouveau enceinte, il est à nouveau comblé, c'est un fils.
Elle est toujours très belle, très chic, très classe, la plus belle.
Elle les voit grandir, elle est heureuse une troisième fois, une nouvelle grossesse s'annonce.
Elle vit la vie qu'elle avait désirée, elle est quelqu'un.
Elle les voit grandir, les aimes, les éduque en fait des bonnes personnes.
Elle leur inculquent ses valeurs, qui aimer, qui détester sans poser de questions.
Elle vit tout simplement.
Elle est attaquée tout autant que lui, elle ne le supporte pas, son nom, sa famille sali à tord.
Elle déprime, mais est toujours aussi belle.
Elle brûle, lui aussi, elle n'est plus heureuse.
Elle est froide, six pieds sous terre.
Elle est morte.

samedi 18 juin 2011

... et la nécessité.

Je devais le faire, je n'avais pas le choix. C'est faux, j'avais le choix c'est juste que je devais me retenir et ne pas lui céder. Quelle aurait ensuite été ma crédibilité en tant que patronne si je m'abandonne aussi facilement dans les bras d'un des mes employés ? Zéro. Exactement. Et je ne veux pas, je ne peux pas laisser ma réputation tomber pour les yeux de Lars, aussi beaux soient ils. Je tourne en rond dans mon bureau depuis ... je ne sais même plus si c'est des minutes ou des heures, un peu plus et mes talons aiguilles vont laisser des sillons dans le plancher. Je pense trop au lieu d'agir sans réfléchir, à qui la faute quand votre mère vous dit de ne jamais rien faire sans y avoir bien réfléchi et analysé toutes les conséquences possibles. 

Une envie de hurler de frustration qui vient du plus profond de mon être, voilà ce que je ferais si je m'écoutais. Je n'aurais jamais du accepter de me retrouver seule avec lui, ce n'était tout simplement pas humainement possible d'être assise face à lui et penser à ce qu'il ne fallait pas que je fasse alors que j'en mourrais d'envie. Si je m'étais écoutée je crois que j'aurais sans doute été arrêtée pour attentat à la pudeur.

"Tu peux me dire ce qui te rends folle ? Ça va faire deux heures que je t'entends tourner en rond depuis mon bureau !"

Mon frère a toujours eu le chic pour débarquer au bon moment. Même si à ce moment précis j'aurais préféré pouvoir continuer à marcher et devenir complètement dingue jusqu'à ce que la plus petite once de raison me quitte définitivement. J'ai l'impression d'avoir douze ans et d'avoir fait une bêtise, d'être prise sur le fait et de me sentir coupable alors que je n'ai rien fait … ou presque.

 * * * * * * * * * * 
Je devais le faire, je n'avais pas le choix. Je lui ai menti, mais ce n'est que pour la protéger. Je ne veux pas qu'on touche à ma petite sœur, je ne veux pas qu'elle puisse être impliquée dans mes problèmes. Alors ce cadavre, bien que classé, je vais le garder dans mon placard, l'enfermer à double tour pour qu'il ne lui retombe jamais dessus. Fils de mafieux, fils de mafieux italien de surcroit, la famille c'est sacré ! Alors quand ce petit dealeur de bas étage voulait s'en prendre à mon business, il s'est brûlé les ailes et ne l'a pas apprécié. Vouloir ouvrir sa gueule et en causer à ma sœur à été sa pire décision, la dernière surtout. Mais je ne l'ai pas tué pour autant, enfin pas au sens propre du terme. J'ai juste suggéré à notre Titan de ne pas écouter Lars ce soir là, qu'il se défoule vraiment. Avec la mauvaise dope que je lui avait filé, il n'était plus capable que de sortir sur ses deux pieds et de crever un peu plus loin.

Bon là ça commence à être insupportable, elle est rentrée depuis deux heures, j'ai entendu claquer la porte de son bureau et depuis j'entends le cliquetis incessant de ses chaussures qui valent au minimum un mois de salaire à une des filles qui bossent chez nous. J'en ai marre, et je m'inquiète si elle fait les cent pas c'est que quelque chose la tracasse. Quand je lui demande ce qu'elle a j'ai envie de rire en voyant sa réaction. Elle a du faire une connerie et je sens que je vais pas tarder à savoir laquelle. 

"J'ai embrassé Lars."

Là c'est fini, j'éclate de rire, c'est la première fois que je la vois réagir de cette manière pour quelque chose d'aussi insignifiant. Elle qui papillonne à tout va, qui ne fait pas cas de coucher avec des hommes mariés, fait tout un drame d'un simple baiser. Comme toujours je lève les yeux au ciel mais je ne dirais rien, j'ai parfois du mal à me dire que ma petite princesse est une vraie femme qui s'amuse comme elle le veut. Je la prends dans mes bras et l'embrasse sur le front avant de détendre l'atmosphère.

"Il embrasse si mal que tu te mettes dans un état pareil ?"

 * * * * * * * * * * 
Je devais le faire, je n'avais pas le choix. C'était ça ou alors je faisais une connerie qui m'aurait ramené en taule pour de bon, ou au cimetière. Elle me rend dingue. L'alcool a cessé de faire son effet et la blonde qui dors encore à mes côtés n'a plus rien à voir avec celle que je convoitais vraiment hier soir. J'aurais très bien pu rentrer tout simplement, prendre une bonne douche froide, ou me satisfaire seul en pensant à ma superbe patronne, mais ça n'aurait pas été suffisant. 

Après tout c'est elle qui a joué avec le feu en m'embrassant dans ce bar, elle a du regretter son geste et a pris ses jambes à son cou. Bien sur j'aurai pu lui courir après et avoir ce que je voulais, mais ce n'est pas de cette manière que je veux l'avoir dans mon lit. Elle le voudra, elle ne s'enfuira pas le feu aux joues parce qu'elle s'est laissé aller à franchir la limite et joindre ses lèvres aux miennes. J'en veux plus, beaucoup plus, elle aussi je le sens, il faudra juste qu'elle l'accepte. Ça tombe bien ce cadavre, il va falloir qu'on mette le fight club au placard quelques jours ou semaines, tant mieux je me contenterai de mixer et de jouer le cerbère du club, je ne trainerai pas dans les pattes de ma belle effarouchée, je sens que l'électricité sera bien présente dans l'air.