Une main qui glisse sur une peau nue, la mienne, la main aussi est la mienne. Un geste quotidien, aussi simple que le passage d'une crème peut parfois se révéler bien plus ardu qu'il n'y parait. Un bref regard dans le miroir et toute illusion s'envole. Elle est là, toujours aussi … brillante, centre d'une constellation qui me renvoie un fait qui ne changer pas. Jamais. Je le revois ce jour, je ne peux l'effacer, le simple fait de passer mes doigts sur les légère boursoufflures qui forment cette étoile sur mon ventre sont comme une décharge électrique qui me propulse trois ans plus tôt, au fond d'une impasse New Yorkaise.Il n'avait qu'à se taire et rien ne serait arrivé. Rien c'est vite, rien ne me serait arrivé ce soir là et lui ne serait pas désormais six pieds sous terre. J'ai été stupide mais à vingt deux ans, fait on toujours preuve d'un logique et d'une réflexion imparable ? Je me suis fait avoir, comme une gamine, je crois que c'est ça que je regrette le plus. Lui ? Un homme comme un autre, c'est ce que je pensais à l'époque, les avertissements de mes frères je faisais semblant de ne pas les entendre. Je voulais faire ce que je voulais, après tout j'étais une grande fille et me faire dire ce qu'il fallait que je fasse ou ne fasse pas ne me plaisait pas.
Et pourtant … Reconnaitre que j'avais eu tord ne fut pas chose facile. Je n'aime pas me tromper, j'aime encore moins qu'on me trompe, que l'on se joue de moi ou qu'on tente de me manipuler. Il avait essayé, il avait jouer et il était en train de perdre.
Jouer est un passe temps dangereux, surtout lorsque votre adversaire se nomme Crimson. Moi, Zara Crimson, vingt deux ans, tueuse à gages, je ne suis pas la partenaire de jeu la plus douce et inoffensive. Vous me direz, je suis une femme, je ne peux pas être aussi cruelle, je dois avoir des remords lorsque j'exerce ma … profession. Détrompez-vous. Je suis sans doute pire que bien des hommes lorsque j'ai une arme entre les mains, il faut dire que j'ai tout appris du meilleur professeur qu'il m'ait été donné d'avoir.
Lorsque vous êtes une femme dans un monde d'hommes il faut se faire une place. Je ne pouvais plus être juste une sœur, une amante qui parfois fait la même chose qu'eux et tue de sang froid. Non, je voulais être traitée comme l'un des leur malgré ce qu'il me manquait entre les cuisses pour faire partie de leur monde. Quand nos géniteurs sont morts, Derhen et moi devions avoir environ douze ans et Pavel en avait seize. On avait plus rien, nous allions être placés dans des familles s'il n'avait pas fait ce qu'il a choisi fait. Prendre soin de nous, tout faire pour que l'on reste tous les trois ensemble, toujours. Bien sur cela voulait dire nous faire entrer dans le gang, dans ses magouilles et dans son monde. Un monde bien hostile pour une adolescente telle que je l'étais à l'époque mais il avait pris notre défense, il nous protégeait alors il ne pouvait rien nous arriver. Certains ont des gilets pare-balles, nous, nous avions notre grand-frère. Il a toujours été mon modèle et je voulais qu'il sache que j'étais capable de m'en sortir moi aussi, même si j'étais sa petite sœur, même si j'étais une fille, moi aussi je serais capable d'être aussi forte que lui ! Au début c'était pour être comme lui, pour que l'on reste ensemble, j'aurais donné n'importe quoi pour que le trio reste toujours soudé. Mais la première fois que j'ai tué j'ai compris ce qu'il devait ressentir lui aussi, et comme n'importe quelle drogue, j'en suis devenue accro. Mélangez l'adrénaline au désire de reconnaissance et vous obtiendrez la drogue la plus puissante qu'il doit exister, et j'en ai goûté un paquet …
La mort. Donner la mort, détenir au bout de son flingue le destin de quelqu'un, la puissance, le pouvoir. Je suis une jeune femme, certes, mais je distribue la mort avec bien plus de cruauté que mes collègues masculins. Ce n'est pas lui qui pourrait dire le contraire. Adossé contre le mur humide de cette impasse, il pense encore que je n'en serai pas capable, il a peut être entendu parlé de moi mais il ne cesse de répéter que je ne suis pas comme les autres, que je vaux mieux qu'eux. Un pas de plus et le canon de mon Beretta se colle sous son menton avant de caresser, très violement sa joue. Il m'a eu, lui le flic et il aurait peut-être pu avoir la vie sauve s'il n'avait pas prononcer les mots qui me donnèrent définitivement l'envie de le tuer. Nous coffrer, nous séparer. Jamais, jamais je ne laisserai quelqu'un me séparer des mes frères. M'enlever Pavel et Derhen serait pire que la mort, je n'ai jamais vécu sans eux et je ne veux même pas imaginer devoir me séparer des deux hommes de ma vie. On ne tente pas de séparer les Crimson sans en subir les foudres d'un des membres du trio. Mark n'as pas de chance, il est tombé sur le membre du trio le plus féroce. Je suis une femme, je suis une lionne, on touche à ma famille ? je sors les crocs et je mords.
Le canon collé contre son front, je le regarde droit dans les yeux, le sourire au lèvres alors que je presse sur la gâchette. Bye bye monsieur l'agent, avec les compliments de Zara Crimson. Lorsque je tue je ne pense à rien d'autre, je ne pense qu'à l'acte en lui-même, l'euphorie qu'il provoque en moi, l'adrénaline qui coule en moi et me fait planer. Bon cette fois peut être que j'aurais du réfléchir un peu plus, tuer un flic ce n'est peut être pas la meilleure chose à faire mais je n'avais pas vraiment le choix. Je sais que Pavel va râler, je sais qu'il va me faire la morale, on est censé se faire discrets ces derniers temps mais je l'ai fait pour lui, pour Derhen, pour moi. Pour nous.




















