mardi 31 mai 2011

Ainsi parlait Zara Crimson

Une main qui glisse sur une peau nue, la mienne, la main aussi est la mienne. Un geste quotidien, aussi simple que le passage d'une crème peut parfois se révéler bien plus ardu qu'il n'y parait. Un bref regard dans le miroir et toute illusion s'envole. Elle est là, toujours aussi … brillante, centre d'une constellation qui me renvoie un fait qui ne changer pas. Jamais. 

Je le revois ce jour, je ne peux l'effacer, le simple fait de passer mes doigts sur les légère boursoufflures qui forment cette étoile sur mon ventre sont comme une décharge électrique qui me propulse trois ans plus tôt, au fond d'une impasse New Yorkaise.Il n'avait qu'à se taire et rien ne serait arrivé. Rien c'est vite, rien ne me serait arrivé ce soir là et lui ne serait pas désormais six pieds sous terre. J'ai été stupide mais à vingt deux ans, fait on toujours preuve d'un logique et d'une réflexion imparable ? Je me suis fait avoir, comme une gamine, je crois que c'est ça que je regrette le plus. Lui ? Un homme comme un autre, c'est ce que je pensais à l'époque, les avertissements de mes frères je faisais semblant de ne pas les entendre. Je voulais faire ce que je voulais, après tout j'étais une grande fille et me faire dire ce qu'il fallait que je fasse ou ne fasse pas ne me plaisait pas. 

Et pourtant … Reconnaitre que j'avais eu tord ne fut pas chose facile. Je n'aime pas me tromper, j'aime encore moins qu'on me trompe, que l'on se joue de moi ou qu'on tente de me manipuler. Il avait essayé, il avait jouer et il était en train de perdre.

Jouer est un passe temps dangereux, surtout lorsque votre adversaire se nomme Crimson. Moi, Zara Crimson, vingt deux ans, tueuse à gages, je ne suis pas la partenaire de jeu la plus douce et inoffensive. Vous me direz, je suis une femme, je ne peux pas être aussi cruelle, je dois avoir des remords lorsque j'exerce ma … profession. Détrompez-vous. Je suis sans doute pire que bien des hommes lorsque j'ai une arme entre les mains, il faut dire que j'ai tout appris du meilleur professeur qu'il m'ait été donné d'avoir.

Lorsque vous êtes une femme dans un monde d'hommes il faut se faire une place. Je ne pouvais plus être juste une sœur, une amante qui parfois fait la même chose qu'eux et tue de sang froid. Non, je voulais être traitée comme l'un des leur malgré ce qu'il me manquait entre les cuisses pour faire partie de leur monde. Quand nos géniteurs sont morts, Derhen et moi devions avoir environ douze ans et Pavel en avait seize. On avait plus rien, nous allions être placés dans des familles s'il n'avait pas fait ce qu'il a choisi fait. Prendre soin de nous, tout faire pour que l'on reste tous les trois ensemble, toujours. Bien sur cela voulait dire nous faire entrer dans le gang, dans ses magouilles et dans son monde. Un monde bien hostile pour une adolescente telle que je l'étais à l'époque mais il avait pris notre défense, il nous protégeait alors il ne pouvait rien nous arriver. Certains ont des gilets pare-balles, nous, nous avions notre grand-frère. Il a toujours été mon modèle et je voulais qu'il sache que j'étais capable de m'en sortir moi aussi, même si j'étais sa petite sœur, même si j'étais une fille, moi aussi je serais capable d'être aussi forte que lui ! Au début c'était pour être comme lui, pour que l'on reste ensemble, j'aurais donné n'importe quoi pour que le trio reste toujours soudé. Mais la première fois que j'ai tué j'ai compris ce qu'il devait ressentir lui aussi, et comme n'importe quelle drogue, j'en suis devenue accro. Mélangez l'adrénaline au désire de reconnaissance et vous obtiendrez la drogue la plus puissante qu'il doit exister, et j'en ai goûté un paquet … 

La mort. Donner la mort, détenir au bout de son flingue le destin de quelqu'un, la puissance, le pouvoir. Je suis une jeune femme, certes, mais je distribue la mort avec bien plus de cruauté que mes collègues masculins. Ce n'est pas lui qui pourrait dire le contraire. Adossé contre le mur humide de cette impasse, il pense encore que je n'en serai pas capable, il a peut être entendu parlé de moi mais il ne cesse de répéter que je ne suis pas comme les autres, que je vaux mieux qu'eux. Un pas de plus et le canon de mon Beretta se colle sous son menton avant de caresser, très violement sa joue. Il m'a eu, lui le flic et il aurait peut-être pu avoir la vie sauve s'il n'avait pas prononcer les mots qui me donnèrent définitivement l'envie de le tuer. Nous coffrer, nous séparer. Jamais, jamais je ne laisserai quelqu'un me séparer des mes frères. M'enlever Pavel et Derhen serait pire que la mort, je n'ai jamais vécu sans eux et je ne veux même pas imaginer devoir me séparer des deux hommes de ma vie. On ne tente pas de séparer les Crimson sans en subir les foudres d'un des membres du trio. Mark n'as pas de chance, il est tombé sur le membre du trio le plus féroce. Je suis une femme, je suis une lionne, on touche à ma famille ? je sors les crocs et je mords. 


Le canon collé contre son front, je le regarde droit dans les yeux, le sourire au lèvres alors que je presse sur la gâchette. Bye bye monsieur l'agent, avec les compliments de Zara Crimson. Lorsque je tue je ne pense à rien d'autre, je ne pense qu'à l'acte en lui-même, l'euphorie qu'il provoque en moi, l'adrénaline qui coule en moi et me fait planer. Bon cette fois peut être que j'aurais du réfléchir un peu plus, tuer un flic ce n'est peut être pas la meilleure chose à faire mais je n'avais pas vraiment le choix. Je sais que Pavel va râler, je sais qu'il va me faire la morale, on est censé se faire discrets ces derniers temps mais je l'ai fait pour lui, pour Derhen, pour moi. Pour nous. 


samedi 28 mai 2011

Hope Carter

“Mary Ann et Richard Carter sont heureux de vous annoncer la naissance de Hope, née le …” Combien y en a-t-il de ces couples heureux comme personne sur le papier. Ces couples qui donnent aux pauvres célibataires qui rêvent de bonheur, une envie folle de se pendre ou de se faire sauter la cervelle ? Bien plus qu’on ne pense. Mais ce à quoi ces pauvres célibataires ne pensent pas c’est qu’une fois passé la porte fraîchement repeinte, la barrière blanche le long du jardin, les massifs de fleurs superbement entretenus, tout cela n’est plus que poudre aux yeux, tromperies et contes de fées pour montrer au monde que l’on vit le bonheur sur terre. Le couple Carter était, est et restera sans doute toujours l’un de ces couples. C’est dans ce climat, sain, plein d’amour et de sincérité que moi, Hope Carter je vais grandir. Une enfant merveilleuse oui ! la meilleure de sa classe vous savez ! et elle fait de plus en plus de progrès au piano, un vrai petit Mozart ! Ca c’est ce que ma mère disait quand elle rencontrait d’autres mères dans le quartier. Cette petite banlieue chic de Reno, Nevada. Dire que sa fille était d’une nullité suprême en mathématique, qu’elle savait manipuler son père comme elle le voulait, et qu’elle s’acharnait non pas sur un piano mais sur une batterie cachée dans la cave que son père avait isolée du mieux qu’il pouvait. Non, chut ! Ca ne se dit pas, pas dans les banlieues chics, que penseraient les voisins ?

La batterie. Combien de fois m'étais-je enfermée dans la cave, me défoulant sur cette batterie pour ne pas entendre les cris à peine étouffés de mes géniteurs qui se plaignaient de tous les maux du monde, mettant forcément la faute sur l’autre. Un million de fois, si ce n’est pas d’avantage. C’était pour moi un soulagement de partir le matin pour l’école, de manger avec mes amis le midi et de trainer un peu pour retarder l’heure à laquelle je franchirai le seuil de la maison pour retomber dans ce monde de fausseté, de mensonges et de tromperie. Mais en grandissant, on s’imprègne de l’environnement dans lequel on évolue. Les mensonges ont très vite commencé à envahir mon quotidien, envers mes amis surtout. Pas d’amis à la maison parce que les parents sont trop strictes, pas le temps à cause des leçons de piano, une visite des grands-parents, les devoirs. Des mensonges bien innocents… pour commencer, mais il faut bien se faire la main.

Reno. La petite sœur de Las Vegas. Ce n’est pas pour rien que ce nom là lui était donné et c’est bien ce qui me plaisait. Il m'était bien entendu défendu par mes parents de me promener au centre ville, seule alors que je n’avais que 15 ans. Mais est-ce que l’on obéi à ses parents au doigt et à l’œil quand on est une jeune adolescente ? Quand ces même parents se querellent pour un oui ou pour un non, qu’ils ne s’aiment plus depuis bien longtemps mais que pour aucune raison ils n’envisagent le divorce. Non voyons, vous n’y pensez pas, le divorce, mais que penseraient les voisins ! Alors, franchement, la ville, ses lumières, ses interdits, ses surprises et tout ce qui peut attirer l’œil ou l’attention d’une gamine de 15 ans. La ville n’est elle pas plus attirante qu’un pavillon de banlieue avec une pelouse tondue à la perfection et un système d’arrosage automatique qui se met en marche tous les soirs à la même heure, à la même minute ? 

Loin des parents, loin des cris, loin de cet univers de carton pâte qui devrait s’écrouler mais qui tient bon contre vents et marées. Pouvoir faire ce que je veux, être moi-même rien que quelques heures, dans cette ville, dans cette agitation me procurait le plus grand bonheur. C’est dans ces rues, en longeant les boutiques, en s’arrêtant boire un soda dans un fast food, en faisant du shopping là où de son vivant ma mère n'aurait jamais permit que je mette les pieds, c’est là que je découvrais la vie, la vraie. Et un de mes passe temps favoris va naître dans cette agitation. Qui dans cette fourmilière remarque une adolescente assise sur une terrasse de café qui observe tous les passants, les détaillent, leur invente des vies, des mensonges. Que se passe t’il chez cette vieille dame qui promène son chien une fois que la porte de son chez elle est fermée ? Et cet homme d’affaire qui semble si pressé ? Je notais tout dans ma tête, m’amusais à essayer de reconnaître les gens de jours en jours, pousse l’audace jusqu’à parler à certains en se mettant dans la même file dans une boutique, en se crêpant le chignon avec une jeune fille plus âgée que moi pour ce même pantalon dont je me fiche royalement. Trouver des excuses devient un hobby et mentir aussi naturel que de respirer, je suis tous les jour une autre, tous les jours un autre nom quand je me présente. Ce que la vie peut être amusante loin de la banlieue chic !

Les années passent est à 18 ans, je rentre chez moi, le sourire aux lèvres sachant que vais faire hurler mes parents en leur annonçant la nouvelle. J'avais raison. Ma mère me voyait déjà morte en service alors que mon père était mitigé entre la colère et la fierté. Je m'étais non seulement inscrite, mais j'avais passé et réussi les examens pour entrer à l’école de police. Pas un mot à mes parents sachant que pour eux, une femme ne devient pas flic, médecin ou pompier. Mais elle je n'en faisais qu’à ma tête et entrais à l’académie pour y suivre ma formation. Laissez-moi vous dire qu'on ne m'a pas fait de cadeau et j'ai appris à prendre sur moi les remarques et autres bizutages de la part de mes collègues masculins. Je ne supporte pas mes instructeurs et leurs rabaissements mais le temps de mes années de formation, je n'ai jamais rien dit, profitant de mes moments de libre pour me rendre comme à mon  habitude dans les cafés pour observer les gens, écouter et surprendre des conversations. Ma curiosité m’aide dans mon job, mes capacités de jugement et d’analyses se révèles la plupart du temps excellentes, sur plusieurs affaires durant mes années de formation c’est moi qui trouvais le petit détail auquel on ne pensait pas, le petit grain de sable qui fait que les histoires ne tiennent pas la route.

C’est un soir de libre que j'ai découvert qui était vraiment l’homme qui se glissait tous les jours dans le costume du père de famille modèle aux yeux du voisinage. Une soirée tranquille au cinéma assise dans le fond je vois passer mon père dans l’allée, il est accompagné mais ce n’est définitivement pas ma mère à son bras, ou alors la fortune qu’elle dépense en crème anti rides est sacrément efficace car la jeune brune qui l’accompagne ne doit pas avoir plus de 25 ans. Et à la manière dont il l’embrasse à pleine bouche, ce n’est ni une cousine éloignée, ni une collègue de bureau. J'aurais pu me lever, me manifester auprès de lui et faire un scandale. Mais je n’en fis rien. J'ai simplement attendu la fin du film pour suivre la jeune femme dans les toilettes, baratina une histoire à dormir debout, souriant à la jeune femme en lui disant qu’elle espérait pour elle que les morpions de l’homme avec qui elle était, n’étaient plus que de mauvais souvenirs. De la porte entrouverte des toilettes je jubilais lorsque je pu voir la jeune femme gifler mon père au milieu du hall et lui hurler de la laisser seule. C’est peut être de là qu’est venu ce goût pour semer la zizanie entre les couples … Cette nuit là je ne rentrai pas du tout, prenant du bon temps dans les bars, dans les bras de quelques hommes avant de rentrer chez moi au petit matin.

Je n’écoutais que moi-même désormais et lorsque, me prend la tête une fois de trop avec l’un de ses collègues, j'envoie tout en l’air et quitte la police après 3 ans de formation et 3 ans de service. A ce moment, j'ai alors près de 26 ans lorsque je décide d’allier mes connaissances, mon expérience et mon passe temps favoris. Etre payé pour espionner les gens, se faire du fric en s’immisçant dans leur vie, pourquoi n’y avais-je pas pensé avant. Avec quelques fonds propres, j'ouvre mon bureau de détective privé en plein centre de Reno. Les affaires ne font que commencer. Etant mon propre patron je n'accepte que les cas qui m'intéressent, fixe mes tarifs et commence à beaucoup m’amuser dans mon travail. En jouant aussi, après tout, après quelques verres dans un bar et une partie de jambes en l’air les langues se délient beaucoup plus facilement, ce qui me facilite la tâche pour obtenir des informations. Qui a dit que joindre l’utile à l’agréable était une mauvaise idée ? Et bien vraisemblablement celui-ci n’avait jamais du beaucoup s’amuser dans sa vie. 

Reno commençait à devenir rébarbatif aussi je décidai d’aller rendre visite à cette grande sœur démoniaque comme l’avaient toujours décrite mes parents. Las Vegas. Pour une jeune femme de mon talent, et aussi passionnée que je pouvais l'être, une jeune femme qui aime l’argent, je venais d’arriver au paradis. Un nouveau bureau, nouveau logement, nouveaux contrats, c’est à Vegas que mon activité parallèle vit le jour. Un matin, lorsqu'un homme, riche, très riche m’engagea pour vérifié si sa future épouse allait lui passer la corde au cou pour sa richesse intérieure ou pour l’intérieur de son compte en banque. Il était indéniable que l’argent entrait en jeu dans les sentiments de la dite fiancée. Mais sa douleur lorsqu’elle trouva son mari au lit avec une autre, à savoir : moi en ce cas précis, cette douleur était réelle. Mais ce n’était pas mon problème, j'avais fourni les preuves et m’était accordé du bon temps avec mon client une fois le contrat fini. Ce que j'avais par mégarde oublié de mentionner à mon client, était que sa petite amie avait jour marché sur mes plates bandes et s'était tapé mon mec, alors lui faire la même chose des années plus tard avait été un réel plaisir. 

Brisez des couples bien assortis ou des couples que la vie menait tout droit à l’échec commença à m’amuser, repérant les femmes volages et couchant avec leur époux. Il m'était également arrivé la situation inverse, une femme me demandant que son mari nous surprenne toutes les deux pour le rendre jaloux. Cette histoire là s’était terminée par quelque chose de bien différent d’une dispute … mais ceci est une autre histoire. Certains de mes contrats m’amenèrent à me rendre loin de Vegas et c’est en honorant un contrat que j'arrivai à Velvet Valley. Je ne sais pas pourquoi mais quelque chose me dis que par là, je ne suis pas prête de mettre la clé sous la porte !


jeudi 26 mai 2011

Genèse 5/5

La curiosité. Un vilain défaut d'après le langage populaire, et bien c'est sans doute une défaut que nous partageons tous. J'entends déjà des voix s'élever, protester et me dire que non, au grand jamais, ils ne sont pas curieux, eux. Et pourtant, à des degrés différents nous sommes tous curieux. Que ce soit pour savoir comment va un proche qui ne vous dit pas tout, épier une conversation lorsque l'on se trouve au restaurant, quand votre regard tombe sur une lettre qui ne vous est pas destinée, que vous fouiller le courrier de votre voisin ou le portable de votre conjoint. Oui, à des degrés divers nous sommes tous curieux. 

Je le suis, je crois l'avoir toujours été et pourtant je n'ai jamais trouvé toutes les réponses à mes plus grandes interrogations. Frustrée bien entendue j'ai vécu avec ce sentiment, principalement depuis le décès de mes parents, pourquoi eux ? Qui a décidé de cela ? comment découvrir la réelle vérité ? Je n'ai toujours pas de réponse et je pense n'en avoir jamais réellement. Et puis il y a aussi les certitudes, ce à quoi l'on croit dur comme fer, ce qui constitue les bases de notre existence. Pour ces choses là, la curiosité est parfois fatale, croyez-moi. 

Il est des secrets que l'on veut connaître à tout prix, comme le contenu des paquets emballés de papier brillant et savamment enrubannés au pied de l'arbre de Noël. Il en est d'autres dont on ne soupçonne même pas l'existence que l'on apprend et que l'on peut regretter d'avoir appris durant très longtemps. Par chance celui que j'ai appris, je n'ai pas eu à le garder bien longtemps, mais ça c'est une autre histoire.

Où je veux en venir ? Et bien tout simplement au fait qu'ici, dans notre belle vallée, la curiosité peut certes être un vilain défaut, mais elle peut se révéler très utile et délicieusement dangereuse. Fourrer son nez dans les affaires des autres n'est pas bien, mais lorsque certains, certaines devrais-je dire, laissent trainer leurs affaires, intentionnellement ou non … Pourquoi ne pas se permettre un petit coup d'œil, juste une seconde, ou deux, ou dix, ou …

Quelque chose me dit que les jeunes femmes que j'ai côtoyée et qui petit à petit se livrent à vous, pourraient susciter en vous des désirs de curiosité. Dans ce cas, mon but serait atteint, c'est en leur charmante, intéressante, intrigante, dérangeante ou dangereuse présence que je vais vous laisser. Oh rassurez-vous, je n'ai pas fini avec tout ce que je pourrai vous raconter sur cette fourmilière qu'est Velvet, chaque chose en son temps, prenez le temps de faire plus ample connaissance avec la dernière de nos Velvet Girls et je vous promets de revenir vous raconter pleins de sympathiques anecdotes bientôt.


mardi 24 mai 2011

SONDAGE

Aujourd'hui contrairement à mes habitudes pas d'épisode mais un sondage. Que je vous explique la raison. La mise en place des personnages sera terminée dans l'épisode de samedi et dès la semaine prochaine et pour quelques semaines ensuite je vais me concentrer sur une des Girls durant toute une semaine (ce qui nous fait donc trois épisodes). Je veux donc commencer cela dès mardi prochain à savoir le 31 mai. J'hésite encore avec quelle Girl commencer cette nouvelle formule, raison pour laquelle je vous demande de choisir ! Celle qui aura le plus de succès sera donc celle qui ouvrira le bal. 

Vous avez donc le choix entre :

  • DELILAH STANFORD, héritière de l'empire Stanford et directrice du Scarlett Hotel.
  • MINA ZITCHEV, la prostituée russe du Coldheart Manor.
  • ELLANORA WALKERS, agent fédérale venant de tuer le meurtrier de sa fille.
  • ZARA CRIMSON, tueuse encore mystérieuse.
  • ORIANA SORRENTINO, fraîchement débarquée à Velvet Valley pour rejoindre son frère.
  • HOPE CARTER, détective privée super fouineuse.

A vous de me faire part de vos envies ! 


*************** RESULTATS ***************
Les prochaines semaines seront donc, comme vous l'avez décidez, en compagnie de (dans l'ordre) 
  • Zara Crimson
  • Mina Zitchev
  • Oriana Sorrentino
  • Delilah Stanford
  • Hope Carter
  • Ellanora Walkers


samedi 21 mai 2011

Oriana Sorrentino 2/2

Tu ne tueras pas
Le visage livide, mon reflet dans le miroir me fait peur. Qu'est ce que j'ai fais ? Comment j'ai pu faire cela ? Rien que de fermer les yeux et de revoir la scène j'ai l'impression de n'être que spectatrice. Une projection de moi-même qui regarde une femme en tout point pareille à celle que je suis, appuyer sur l'accélérateur de manière délibérée, ne montrer aucun signe d'hésitation lorsque le jeune homme traversait la rue. Ce n'était pas une hallucination, une projection de moi-même ou rien d'autre. Ce n'était que moi qui lançais ma voiture à pleine vitesse sur un homme qui voulait briser ma famille. Légitime défense selon moi, mais je doute que les forces de l'ordre verraient cela du même œil. 

Mon regard se pose sur le visage de ma mère qui vient d'apparaitre au dessus de mon épaule. Je ne dis rien, je ne sais pas quoi dire et pourtant je sais parfaitement que j'ai agis de la manière dont elle aurait agit elle aussi. C'est dans mon sang, ce besoin incommensurable de protéger les miens. Un dealer à la petite semaine qui pensait pouvoir arriver à faire tomber notre belle famille. Il avait failli réussir, il m'avait eu moi, il m'avait fait tomber dans ses bras pour une seule et unique raison, je l'avais découvert et dire que je n'avais pas apprécié était faible.

"Tes valises sont prêtes, la voiture le sera dans cinq minutes…"
"Mais Maman, ils vont savoir que c'est moi …"
"Ta voiture a été réduites à néant, ton père s'en est occupé, tu ne peux pas rester ici pour le moment. Andrea t'attendra à l'aéroport."
"Tu m'envoies là bas ? "
"Il est temps que tu te mette à travailler, je pense qu'à vous deux vous allez faire des merveilles !"
"Très bien, je me change et je pars."
"Sache qu'il ne le dit pas mais il est fière de toi, et moi encore plus ma chérie!"

Tu ne commettras pas l'adultère
J’étais allongée sur les draps de satin noir, nue, me réveillant doucement, le bruit de la douche dans la salle de bain voisine m’indiquait que mon amant de la veille avait eu la décence de ne pas me tirer des bras de Morphée, heureusement pour lui, vu l’humeur massacrante dont je fais preuve le matin en générale. Me recouvrant je prévoyais de finir mon cycle de sommeil quand il entra dans la chambre, ramassant mes vêtements jonchant le sol.

"Désolé mais y faut que tu t’en ailles…"

J’ai cru rêver, il ne pouvait pas avoir dit ce qu’il venait de dire, le bâtard, je me redressais, en tenue d’Eve, le regardant droit dans les yeux qu’il baissa aussitôt.

"Tu peux répéter ?" 
"Tu ne peux pas rester, je suis désolé mais ma femme va rentrer, elle travaille de nuit à l’hôpital, elle ne va pas tarder, je voudrais pas qu’elle tombe sur toi dans notre lit… tu comprends ?"

Ho mais bien sur que je comprends, mais toi tu n’as pas du bien comprendre à qui tu avais à faire, on ne me prend pas et on ne me jette pas comme ça. Je n’ai aucun scrupule à coucher avec un homme marié ce n’est pas le problème, non le problème c’est que ces hommes sont souvent tellement lâches qu’ils n’ont pas les couilles de le dire avant… tu vas t’en souvenir je peux te le dire.

"Il faut vraiment que tu partes, elle va arriver !" 
"Ne t’inquiètes pas je suis déjà partie … "

Quel hasard cela a été de tomber sur sa femme à la sortie de l’ascenseur, quel plaisir cela a été de lui dire à quel point son mec devait être épuisé par la nuit dernière, quel bonheur de voir sa tête, un délice d’imaginer la sienne quand il la verra arriver… Sache le on ne me traite pas comme ça.

Tu ne voleras pas
"C’est du vol !"
"Ho tu vas pas commencer à jouer les saintes ni touche toi !"
"Je te le faisais juste remarquer …"
"C’est pas du vol, c’est un emprunt temporaire …"
"Tu vas le rendre ce sac ? "
"Non…"
"Donc c’est du vol ma chérie…"
"Cassidy…"
"Oui ?"
"Ferme-la tu veux !"

Tu ne porteras pas de faux témoignage
Combien de fois ai-je menti à la police ? au service de l’immigration ? aux assistantes sociales ? je ne sais plus, mais mes filles savent qu’elles peuvent compter sur moi si elles sont clean avec moi, c’est donnant-donnant. Il faut pouvoir se faire confiance dans le business, elles bossent pour moi, elles bossent bien, alors je peux bien les couvrir un peu et puis je ne mens pas… je ne dis pas toute la vérité c’est tout… 

Tu ne convoiteras pas les biens de ton voisin
Quand je suis arrivée je n’avais pas grande idée de tout ce que mon frère faisait, à qui il était confronté mais je suis fière de nous aujourd'hui. La mafia russe, laissez moi rire, ils n’en mènent pas large depuis quelques temps, même si je sais qu’Elle a de très bons éléments dans ses rangs, je tape dans son business depuis près d’un an maintenant. Mais je sais que je peux en faire d’avantage, je ne veux juste pas tomber dans le n’importe quoi. Les tueurs à gages n’ont qu’à resté chez elle je n’en veux pas ici. Ici on règle ses problèmes soit même. Mais son réseau pour la coke, je vais mettre la main dessus, je vais la mettre à la rue.



jeudi 19 mai 2011

Oriana Sorrentino 1/2

Tu n'auras pas d'autres dieux que moi
"En quoi crois-tu Oriana "
"O Sistema !"
Je me souviens encore l’aplomb avec lequel je lui ai répondu. Je devais avoir pas loin de 16 ans à l’époque mais je voulais pouvoir enfin en faire partie totalement et non juste en tant que leur fille ou son frère. La Famiglia. La Camorra. J’avais donné la bonne réponse, celle que mon paternel attendait. Il m’avait demandé ça de but en blanc au milieu du dîner dominical. Vous auriez vu son visage lorsqu’il a entendu ma réponse, je crois que même Andrea s’est presque étouffé avec son pain. Il n’y avait qu’elle qui me regardait avec son sourire satisfait, ce léger geste de la tête pour me montré que j’avais réussi ce que nous répétions toutes les deux depuis des semaines déjà. Elle. Ma mère. Sans elle, je ne serais pas là aujourd’hui et je ne parle pas seulement de ma venue au monde, non si je fais partie de tout cela c’est parce qu’elle en faisait partie, qu’elle voulait que sa fille en soit aussi, que je puisse montrer comme elle qu’une femme a sa place au sein de la Camorra et pas juste une place de spectatrice.

"Je suis fière de toi ma fille, tu sais ce que vas devoir faire à partir de maintenant ?"Remercier le Seigneur de m’avoir inspirer et lui promettre de tout mettre en œuvre pour l’honorer."Foutaises, dans ce cas j’ai une grande révélation à vous faire chers frères et sœurs, le seigneur est une femme et je suis sa fille ! Cela dit c’était ce qu’il voulait entendre une fois de plus. C’est donc comme ça que j’y suis entrée, pour de bon. Enchantée, Oriana Sorrentino, mafieuse italienne.

Tu ne te fabriqueras pas d'idoles
"Il te regardes comme ça depuis au moins un quart d’heure !"
"Et ?"
"Tu ne vas rien faire ? pas même te retourner pour lui sourire ?" 
"Non."
"Mais pourquoi Ori’ ? Pourquoi ! ce mec est le plus canon de l’école !!! et c’est toi qu’il vise et toi tu vas rien faire du tout ?"
"Premièrement, appelle moi Ori’ encore une fois et c’est à la table des naze que tu vas pouvoir aller t’assoir. Deuxièmement, je ne vais rien faire parce que je ne vais pas m’abaisser à fondre devant un mec banal …"
"Mais Oriana !!!! Il est pas banal ! c’est le plus beau mec que j’ai jamais vu !"
"Pour toi peut être, mais connaissant tes goûts en matières de mecs c’est pas bien difficile de le trouver superbe. Mais moi chérie, je vise plus haut, dans trois mois il sera devenu ringard, et vu ma position à l’école je ne peux pas me permettre de sortir avec un looser. Qui voudrais d’une présidente qui s’affiche avec un looser ? Franchement tu réfléchis avant de poser des questions ?"

Tu ne prononceras pas à tort le nom du seigneur
"Alors comme ça tu fais le mur ? j’espère qu’il en vaut la peine !" 
"Nom de Dieu Andrea ! Tu veux me tuer !"
Ce crétin était resté dans l’ombre, il était là assis sur la terrasse de notre maison à fumer au milieu de la nuit pour ne pas être vu par les parents. À 23 ans il se planquait toujours pour fumer, les parents le savaient très bien mais vu la réaction de notre père cela se comprenait. Cela dit ce n’était pas une raison pour rester tapis dans l’obscurité et pour me faire friser la crise cardiaque. Oui je faisais le mur, non il n’en valait pas la peine mais ça je le savais pas encore à ce moment là.  
"Jure pas comme ça, tu sais que t’ira en enfer sinon !"
"Comme ça je viendrai te tenir compagnie !"
Tu honoreras le jour du sabbat
Quand j’y pense ma vie à bien failli être gouverner par cela le jour du seigneur, il parait que je dois une fière chandelle à mon frère pour ne pas m’être appelée Domenica, tout ça parce que je suis née quelques minutes après minuit aussi, Merci mon dieu, dans ton infinie bonté tu m’as épargné. Conneries oui. C’est pas parce que j’ai pas porté ce prénom que j’ai été dispensée de messes et autres grandes cérémonies religieuses, on est italiens ou pas, et il faut dire que c’est une fois entrée dans la Camorra que j’ai enfin compris le pourquoi du comment. Le dimanche était le jour de ralliement de presque toutes les familles de notre branches de la mafia. Je me souviens le premier dimanche qui a suivi mon entrée active dans la Famiglia. J’étais assise sur le banc, à côté de ma mère et elle a commencer à me « présenter » tout le monde, me désignant discrètement une personne puis une autre, puis une autre encore, me donnant tout : nom, prénom, âge, statut marital, fonction au sein de la Camorra, les relation de notre familles avec eux … en quelques dimanche j’ai été briefé sur l’entièreté des membres de notre quartier au cœur de Naples. Qui eut cru que le jour du Seigneur soit si fatiguant… après tout c’est lui qui s’est reposé ce jour là pas nous.

Tu honoreras ton père et ta mère
Lui il n’y a pas grand-chose à en dire. Mon paternel ne vit que pour mon frère. Forcément, le fils, celui qui perpétue le nom, celui à qui il est fier d’enseigner tout ce qu’il sait, celui qui reprendra le « business » familial. J’ai détesté mon père à l’époque ou Andrea est entrée dans la Camorra, il m’enlevait mon frère, en faisant un étranger qui protégeait sa sœur mais ne passait plus de temps avec elle.

Ma mère. Ça, ça c’est une tout autre histoire. Elle est un modèle vivant pour moi, la femme que je voudrais pouvoir être. Pas pour le mariage et les gamins, non pas vraiment. Elle est cette femme dure et autoritaire qui ne laisse rien passer, qui ne pardonne aucune erreur et malgré cela je ne peux pas, je ne pourrais jamais lui en vouloir parce que son attitude à fait de moi ce que je suis. Ne vous aventurez jamais à dire quoi que ce soit sur ma mère en ma présence ! 

 

mardi 17 mai 2011

Genèse 4/5


Deux heures de réunion de communication pour le Scarlett, un dîner avec un couple de clients réguliers et amis de mes défunts parents, une bonne cinquantaine de coup de fil en tous genres, des dizaines de kilomètres à travers les couloirs de l'hôtel, une journée comme une autre pour une directrice. C'est ma vie et j'aime ça. M'occuper l'esprit en permanence avec le travail m'aide à ne pas penser à tout ce qui pourrait venir me hanter d'une manière ou d'une autre. Et croyez-moi, il y aurait de quoi faire à ce niveau-là. Pourtant, une fois de plus les tourments semblent ne pas vouloir me laisser tranquille, ils doivent penser que je n'ai pas encore eu mon compte, je passerais bien mon tour. La sonnerie du téléphone, une fois de plus. Rien de bien spécial et pourtant. Je ne suis plus dans mon bureau, ce n'est pas mon poste fixe, j'aurais préféré. Non c'est mon portable qui sonne dans la cuisine à côté du verre de Chardonnay que je viens à peine de me verser. C'est le numéro de Josh, je n'aime pas ça du tout. 

"Josh, depuis quand tu prends le temps de m'appeler ? tout va bien ?"
"...vais pas bien Lilah, pas bien du tout … viens me chercher, s'il te plait !! Je suis désolé, je voulais pas … viens me chercher Lilah j'ai peur …
"Josh dis moi où tu es et j'arrive ! Josh ? Josh !"
"...je … sais pas où je suis … on est parti et suis tout seul dans la chambre .. Lilah dépêche toi …"
"Parti où ? avec qui tu es Josh ? c'est qui "on" ? Josh réponds moi ! Josh !"
"…Valmont…"
"Je vais te trouver, je te le promets !"
"Je t'aime Lilah, je …"
"Tais toi ! tu me le diras quand je te botterai le cul quand je serai là !"

A peine ai-je raccroché que mon portable tombe sur le plan de travail et moi sur le tabouret de bar. Je n'en peux plus, je déteste recevoir ce genre de téléphone et encore là c'était Josh, pas une voix inconnue qui m'annonçait qu'on avait retrouvé son corps quelque part entre nulle part et je ne sais où. Mes parents, Cassie, je redoute à chaque fois qu'on m'annonce que Josh, mon petit frère, le dernier membre de notre famille qu'il me reste ne me soit enlevé lui aussi. Il faut que je réfléchisse, que je fasse vite, à sa voix il a pris plus de drogue que ses doses habituelles et pourtant il a eu la lucidité de m'appeler, c'est qu'il y a vraiment quelque chose qui cloche et je n'aime pas ça, du tout !

Attrapant mon portable à nouveau je compose machinalement un numéro que je connais par cœur depuis des années. Une, deux, trois, dix, vingt tonalités dans le vide, une boîte vocale qui se met en marche, une voix mécanique, le bip et je laisse mon message. Il faut qu'il me rappelle, le plus vite possible. Un nouvel appel vers la réception cette fois, je veux que ma voiture soit prête à partir aussi vite que possible, je ne sais pas encore où je vais devoir me rendre mais j'ai promis à mon frère de lui botter l'arrière train, il sait que je ne plaisante pas. Mes promesses je les tiens. Je raccroche. Je décroche. Un soulagement en entendant la voix familière.

"Salut, tu te souviens que je ne bosse plus pour toi depuis plus de six mois quand même ?"
"Danny j'ai besoin de toi, c'est Josh, il m'a appelé il ne va pas bien, j'ai peur qu'il soit en train de faire une overdose je ne sais où…"
"Delilah, stop, explique !"
"Il vient de m'appeler, il ne sait pas où il se trouve, il est défoncé et il est mal, il crève de peur !"
"Il est juste en train de planer comme toujours tu en as l'habitude non ?"
"Danny, tu connais Josh comme moi, s'il m'a dit qu'il avait peur … "
"C'est qu'il n'est vraiment pas bien… je sais … tu penses à quoi ?"
"Tu peux localiser le gps d'une voiture ?"
"la sienne ?"
"Celle de Vincent Valmont …"

Je fais les cent pas dans le couloir, ces médecins ne disent rien, le personnel refuse que j'aille plus loin. Mais c'est mon frère ! Je passe plus de quatre heures à creuser le sol à tourner en rond jusqu'à ce que son médecin sorte et vienne me voir. Il a eu de la chance, beaucoup de chance. La peur au ventre, la rage ravalée au fond de ma gorge je pénètre dans sa chambre alors qu'il dort. Il a de la chance oui, parce que je ne vais pas l'épargner, non pas cette fois. C'est la fois de trop, la proverbiale goutte d'eau qui fait déborder le non moins proverbial vase. Cassie est morte d'une overdose il y a moins d'un an et voilà qu'il veut suivre ses traces ? Je ne vais pas le laisser faire, je sais ce qui le ronge, je ne le sais que trop bien et pourtant je n'ai pas l'intention de le laisser tomber, je ne veux pas le perdre. Je n'ai pas compris ce qu'il s'est passé, qui de lui ou Valmont a décidé de faire cette virée, qui a décidé de s'arrêter dans ce motel ? J'en veux à mon frère de la peur qu'il m'a fait vivre, mais j'en veux encore plus à Vincent, oui il est blessé, mais pour moi, à cause de lui j'ai failli perdre la seule famille qu'il me reste en ce bas monde.



samedi 14 mai 2011

Zara Crimson


Cela faisait un peu moins d’une heure que nous avions regagné le manoir, je n’avais pas prononcé un mot sur le chemin du retour, me contentant de conduire la voiture volée à une allure raisonnable pour ne pas se faire attraper une nouvelle fois. Je garai la voiture dans une ruelle à peu près à un kilomètre du manoir et pris soin de sortir tout ce qui m' appartenait, jamais je n’avais opéré devant mon frère et ne savais pas ce qu’il allait dire, comment il allait réagir, mais bien que son avis ait de l’importance à mes yeux, le plus important pour le moment était de faire comme à mon habitude, disparaître toutes traces de lien entre moi et cette voiture, aucune empreinte, aucun effet, plus rien. Mon frère sembla comprendre mais ne s’attendait certainement pas ce que j'allais faire. J'ouvrai la portière arrière et en sorti une bouteille de soda de sous le siège. Après avoir aspergé l’intérieure de la voiture je laissais la bouteille dans le coffre, baissant un tout petit peu la vitre avant de claquer la portière et sortir un paquet d’allumettes de la poche arrière de mon jeans, un léger craquement, une fine odeur de souffre et je la laissai tomber par le fin interstice laisser entre la vitre et le haut de la portière. Il ne fallut pas plus d’une seconde pour que l’intérieure de la voiture se transforme en brasier. M'éloignant de la voiture, un sourire de satisfaction du travail bien fait sur les lèvres et prenant la main de mon frère je l'emmenais vers la rue qui allait nous mener chez nous. Il ne fallut pas longtemps non plus pour que les sirènes retentissent et je voyais l’air surprit de mon frère, mais je ne disais toujours rien. Une morte, une voiture flambée, un contrat de plus respecté. Tout était parfaitement en ordre.

Allongée sur le dos, contemplant le plafond de ses chambres, allongées sur mon lit, je ne pouvais m’empêcher de penser. Tout était parfaitement en ordre à une exception près…un mort de plus… un dommage collatéral comme on appelle ça. Mais lorsque le dommage collatéral en question est un flic, c’est forcément signe de problèmes. Je n’avais pas dis un mot à mon frère depuis que nous étions parti du phare tout à l’heure, je me sentais mal et il le savait sûrement, tout comme je savais toujours quand mon jumeau n’allait pas bien. Tournant en rond dans ma chambre encore quelques minutes, je sortis, claquant la porte, traversai le couloir puis toquai à la porte de la chambre de Derhen, sans pour autant attendre de réponse. Posant ma main sur la poignée je la pressai et ouvris la porte. Une fois à l’intérieur pas de signe de mon frère mais en guise d'indice un rai de lumière filtrant de la porte de la salle de bain, je poussai la porte sentant aussitôt la chaleur accumulée dans la pièce et vis mon frère allongé dans la baignoire, son corps presque totalement immergé et je ne pu m’empêcher de parcourir du regard avant de toquer contre le montant de la porte, provoquant une légère surprise chez mon jumeau, je le regardai avec un sourire triste, la tête appuyée contre la porte.

"Je peux ?"


Lorsque je croisai son regard, ce fut comme si une décharge électrique venait de parcourir mon corps. Ce qu’il y avait entre nous était si indescriptible que je ne savais absolument pas à quoi je pouvais tenter de comparer ce sentiment. Voir son regard s’illuminer à ce point quand il me regarda alors que quelques instants plus tôt il semblait si loin, si terne. Bien que pour moi, terne ne soit en aucun cas un mot qui pouvait entrer dans la liste de qualificatifs que je pouvais utiliser pour parler de Derhen. 
 
Lorsqu’il me donna la permission de le rejoindre, j'avançai dans la pièce, toujours ce sourire un peu triste sur les lèvres. J'enlevai mes vêtements, les laissant tomber négligemment sur le sol me retrouvant comme tant de fois, nue au regard de mon frère. Entrant dans l’eau je m’assis en face de lui, son corps à moitié plongé dans l’eau chaude. Je ne restai pas bien longtemps dans cette position, souvent c’était Derhen qui se blottissait contre moi, mais là, pour une fois, c’était à mon tour, c'est moi qui avais besoin d’être câlinée et rassurée. Je me déplaçai, du moins autant que la baignoire bien que grande, me le permettait et m’allongeai tout contre mon frère, posant ma tête au creux de son épaule et mes mains entourant son torse comme si une fois de plus j'avais cette peur viscérale qu’il s’en aille.


jeudi 12 mai 2011

Genèse 3/5


Le souvenir restera gravé à jamais dans ma mémoire, je n'avais que vingt ans à l'époque mais ce jour là, sera l'un de ceux qui aura du mal à s'envoler. Une journée comme une autre au Scarlett Hotel, buvant mon café tranquillement avec ma mère, sur la terrasse du penthouse. Cassie devait terminer de faire la fête quelque part, Josh enfermé dans sa chambre et moi, prête à une nouvelle journée de balade et de shopping avec ma mère. Une journée que je pensais être normale mais lorsque ma mère prit la parole et me dit que mon père voulait me voir dans son bureau aujourd'hui, je compris que cette journée annonçait un changement significatif pour moi, pour nous tous. 
Vers dix heures trente, j'arrivais devant la porte du bureau de mon père. Après un sourire de sa secrétaire, la porte s'ouvrit et il m'invita à entrer. A cet instant, j'hésitais presque à passer le seuil. Un pas, un seul petit pas et tout changerait d'une manière ou d'une autre, tout dépendrait de ce que j'allais répondre à sa question. Un rapide coup d'œil dans le miroir de l’ascenseur il y a quelques minutes m'avait convaincu sur mon choix de tenue, une robe bustier blanche et noire, une paire de talons hauts noirs, classe et simplicité, comme à mon habitude. Son regard interrogateur, et son sourire charmeur finirent de me convaincre et je fis le pas qu'il fallait pour entrer dans la pièce, la porte se refermant, nous coupant du monde.

Assise en face de lui dans l'un des fauteuils en cuir, il resta silencieux quelques longues secondes avant de se relever et de venir s'assoir sur le bord de son bureau, croisant ses bras sur sa poitrine. Je savais à ce moment qu'il était peut être aussi tendu que moi, il hésitait. Adopter l'attitude de directeur, chef de sa fourmilière humaine ? Ou celle du chef de famille, un père parlant à sa fille ? 

Je sais très bien pourquoi je suis là, et si je ne l'avais pas su, la conversation que j'avais pu avoir avec mon frère Josh il y a une semaine m'aurait mis la puce à l'oreille. Il était remonté ce jour là, une fois de plus ils s'étaient pris le bec tous les deux, je détestais ça, les deux hommes de la maison qui haussent le ton l'un sur l'autre, voulant prouver à l'autre qui était le plus têtu. Ils se valaient sur ce terrain là, croyez-moi, vouloir leur tenir tête n'est pas une mince affaire. Mon père voulait que Josh s'implique dans l'entreprise familiale, qu'il puisse un jour compter sur lui pour reprendre l'hôtel. Il ne s'y était pas pris de la bonne manière, vouloir imposer quelque chose à Josh, il n'y avait pas mieux pour le faire fuir. J'avais donc commencé à envisager le fait de travailler avec mon père, pour de bon et non plus seulement de temps à autres lorsqu'ils avait quelques soucis avec ses comptables, ou lors des vacances de son assistant. 

"Tu dois sans doute te poser des questions, pourquoi je te fais venir dans mon bureau au lieu de prendre le temps de déjeuner avec toi si je veux te parler, non ?"
"Depuis le temps, je sais comment tu fonctionne Papa, ce qui concerne le Scarlett se discute dans ton bureau, le reste autour d'une table, ou chez nous."
"Je ne te vexe pas j'espère, je ne te sous estime pas, bien au contraire ma chérie, c'est pour ça que je voulais te voir. Cela fait à peine quelques mois mais maintenant que tes études sont terminées, tu as décidé où tu voulais travailler ?"
"J'ai eu quelques idées mais je n'ai pas décidé définitivement, je voulais profiter de mon séjour en Italie pour prendre ma décision."
"Tu pourrais ajouter une proposition à celles que tu as déjà ?"
"Ca se pourrait …"
"Lilah, chérie, j'aimerais beaucoup que tu décides de me rejoindre et que tu diriges le Scarlett avec ton vieux père !"
"Ce serait un plaisir de travailler pour toi Papa !"
"Travailler avec moi, pas pour moi ! Profite de la villa des Sorrentino et tu me donneras ta réponse en rentrant tu veux bien ?"
"C'est d'accord ! D'ailleurs il faut que je fasse mes valises, je pars avec eux demain soir…"
"Dans ce cas file, et ne te laisse pas trop dévergonder par Andrea et Oriana."
"Tu me connais …"
"Amuse-toi !"




mardi 10 mai 2011

Ellanora Walkers


Une fois la porte de l'appartement fermée je m'y adosse, me laissant glisser jusqu'au sol sans prendre la peine d'allumer la lumière. Je reste là, dans un état second durant près d'une demi-heure, peut-être plus, la notion du temps m'est totalement étrangère ce soir. Lorsque je me relève, absente, je me dirige vers la salle de bain mes vêtements jonchant le sol j'entre sous la douche chaude. L'eau a ce pouvoir apaisant, salvateur qui me débarrasse des traces d'hémoglobine qui parsème encore mon visage. Se teintant de rouge durant quelques longues secondes les dernières traces de ma vengeance s'en vont en tournoyant dans le siphon, rejoignant les canalisations, sortant définitivement de ma vie. Pour de bon.

Il est là, bien là. Moins de deux mètres nous séparent, je n'ai jamais été si proche de lui, si proche du but. Mon arme de service braqué sur lui, il me défie une fois de plus. Je sais ce qu'il pense, je sais qu'il imagine que rien ne pourra l'arrêter, que je n'aurai pas le cran de faire de lui ma bavure sur des états de services irréprochables. Et pourtant, s'il savait …

"Alors Walkers, on se dégonfle ? Je sais que jamais tu oseras me flinguer, tu tiens trop à ton job pour me tuer de sang froid"
"Si tu penses que je vais attendre que tu m'échappe une fois encore tu te plante Silvestri !"
"Vas y, appuie sur la gâchette dans ce cas … tu vois t'en es incapable, comme tu as été incapable de concilier ta vie de flic et de famille…"
"Je t'interdis de parler d'elle !"
"Tu parles d'une vie de merde … bonne flic peut être mais entre un époux qui s'envoie en l'air pendant que je crevais ta gamine, tu avoueras que ça craint un peu …"
"Fais moi plaisir, passe le bonjour à ton frère !"
"Ouais c'est …" 
Une bonne quarantaine de minutes se sont écoulées quand je rejoint la cuisine, habillée d'un peignoir, mes cheveux encore humides tombant sur mes épaules. J'attrape un verre dans l'un des placards j'y verse une grande rasade de vodka. Mes pas me guident vers le séjour et je m'y arrêtes quelques instants, posant mon regarde sur le portrait souriant de ma petite princesse. Du bout des doigts je caresse son visage par-dessus la fine paroi de verre.

"Cette fois c'est fini ma chérie, Maman s'est débarrassé du monstre, pour toujours."

Le voyant rouge du répondeur clignote et j'ai déjà une vague idée de celui qui a laissé un message alors que j'étais sous la douche. Je sais ce qu'il va dire, je sais qu'il va s'énerver mais ce soir je suis prête à tout entendre. C'est terminé, plus de cinq ans de traque, de Los Angeles à Velvet Valley en passant par San Francisco, et enfin je l'ai eu, je suis prête à en assumer les conséquences aussi importantes soient-elles. J'appuie sur le bouton de lecture de l'appareil et laisse la voix de Danny vociférer dans mon salon.

"Bordel Ella' t'es complètement malade ! Je sais que tu vas me dire que t'avais raison, je sais que c'est vrai mais on en a causer des milliards de fois ! L'attraper, l'arrêter, le coffrer, et le faire passer la fin de sa vie en taule ! Mais non, à la place Madame a choisi de se retrouver seule face à lui, sans avertir ses collègue ou son coéquipier, et lui a vider son chargeur dans le torse, devant témoins. Ella' franchement ! Qu'est ce qui t'as pris ? Rappel moi, quand t'auras eu mon message."

La dernière phrase traduisait autant son agacement que son inquiétude, je sais qu'il ne peux pas comprendre mon geste, je sais qu'il va me faire la morale pendant un sacré moment pour avoir agit de la sorte, mais je m'en fiche. J'ai mis un terme à la vie de cette ordure, ma princesse peut enfin reposer en paix, et moi je vais pouvoir dormir sereinement pour la première fois depuis cinq ans.