Je devais le faire, je n'avais pas le choix. C'est faux, j'avais le choix c'est juste que je devais me retenir et ne pas lui céder. Quelle aurait ensuite été ma crédibilité en tant que patronne si je m'abandonne aussi facilement dans les bras d'un des mes employés ? Zéro. Exactement. Et je ne veux pas, je ne peux pas laisser ma réputation tomber pour les yeux de Lars, aussi beaux soient ils. Je tourne en rond dans mon bureau depuis ... je ne sais même plus si c'est des minutes ou des heures, un peu plus et mes talons aiguilles vont laisser des sillons dans le plancher. Je pense trop au lieu d'agir sans réfléchir, à qui la faute quand votre mère vous dit de ne jamais rien faire sans y avoir bien réfléchi et analysé toutes les conséquences possibles. Une envie de hurler de frustration qui vient du plus profond de mon être, voilà ce que je ferais si je m'écoutais. Je n'aurais jamais du accepter de me retrouver seule avec lui, ce n'était tout simplement pas humainement possible d'être assise face à lui et penser à ce qu'il ne fallait pas que je fasse alors que j'en mourrais d'envie. Si je m'étais écoutée je crois que j'aurais sans doute été arrêtée pour attentat à la pudeur.
"Tu peux me dire ce qui te rends folle ? Ça va faire deux heures que je t'entends tourner en rond depuis mon bureau !"
Mon frère a toujours eu le chic pour débarquer au bon moment. Même si à ce moment précis j'aurais préféré pouvoir continuer à marcher et devenir complètement dingue jusqu'à ce que la plus petite once de raison me quitte définitivement. J'ai l'impression d'avoir douze ans et d'avoir fait une bêtise, d'être prise sur le fait et de me sentir coupable alors que je n'ai rien fait … ou presque.
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Je devais le faire, je n'avais pas le choix. Je lui ai menti, mais ce n'est que pour la protéger. Je ne veux pas qu'on touche à ma petite sœur, je ne veux pas qu'elle puisse être impliquée dans mes problèmes. Alors ce cadavre, bien que classé, je vais le garder dans mon placard, l'enfermer à double tour pour qu'il ne lui retombe jamais dessus. Fils de mafieux, fils de mafieux italien de surcroit, la famille c'est sacré ! Alors quand ce petit dealeur de bas étage voulait s'en prendre à mon business, il s'est brûlé les ailes et ne l'a pas apprécié. Vouloir ouvrir sa gueule et en causer à ma sœur à été sa pire décision, la dernière surtout. Mais je ne l'ai pas tué pour autant, enfin pas au sens propre du terme. J'ai juste suggéré à notre Titan de ne pas écouter Lars ce soir là, qu'il se défoule vraiment. Avec la mauvaise dope que je lui avait filé, il n'était plus capable que de sortir sur ses deux pieds et de crever un peu plus loin.
Bon là ça commence à être insupportable, elle est rentrée depuis deux heures, j'ai entendu claquer la porte de son bureau et depuis j'entends le cliquetis incessant de ses chaussures qui valent au minimum un mois de salaire à une des filles qui bossent chez nous. J'en ai marre, et je m'inquiète si elle fait les cent pas c'est que quelque chose la tracasse. Quand je lui demande ce qu'elle a j'ai envie de rire en voyant sa réaction. Elle a du faire une connerie et je sens que je vais pas tarder à savoir laquelle.
"J'ai embrassé Lars."
Là c'est fini, j'éclate de rire, c'est la première fois que je la vois réagir de cette manière pour quelque chose d'aussi insignifiant. Elle qui papillonne à tout va, qui ne fait pas cas de coucher avec des hommes mariés, fait tout un drame d'un simple baiser. Comme toujours je lève les yeux au ciel mais je ne dirais rien, j'ai parfois du mal à me dire que ma petite princesse est une vraie femme qui s'amuse comme elle le veut. Je la prends dans mes bras et l'embrasse sur le front avant de détendre l'atmosphère.
"Il embrasse si mal que tu te mettes dans un état pareil ?"
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Je devais le faire, je n'avais pas le choix. C'était ça ou alors je faisais une connerie qui m'aurait ramené en taule pour de bon, ou au cimetière. Elle me rend dingue. L'alcool a cessé de faire son effet et la blonde qui dors encore à mes côtés n'a plus rien à voir avec celle que je convoitais vraiment hier soir. J'aurais très bien pu rentrer tout simplement, prendre une bonne douche froide, ou me satisfaire seul en pensant à ma superbe patronne, mais ça n'aurait pas été suffisant.
Après tout c'est elle qui a joué avec le feu en m'embrassant dans ce bar, elle a du regretter son geste et a pris ses jambes à son cou. Bien sur j'aurai pu lui courir après et avoir ce que je voulais, mais ce n'est pas de cette manière que je veux l'avoir dans mon lit. Elle le voudra, elle ne s'enfuira pas le feu aux joues parce qu'elle s'est laissé aller à franchir la limite et joindre ses lèvres aux miennes. J'en veux plus, beaucoup plus, elle aussi je le sens, il faudra juste qu'elle l'accepte. Ça tombe bien ce cadavre, il va falloir qu'on mette le fight club au placard quelques jours ou semaines, tant mieux je me contenterai de mixer et de jouer le cerbère du club, je ne trainerai pas dans les pattes de ma belle effarouchée, je sens que l'électricité sera bien présente dans l'air.
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