samedi 11 juin 2011

Le chemin de la liberté

Ne pas se retourner pour ne pas avoir l'impression de faire une erreur, voilà ce que j'avais en tête durant le trajet entre la datcha et l'aéroport. Savoir qu'il peut me retrouver me fait peur et je ne comprends pas qu'on prenne un vol touristique, s'il connaît mon nom, ce ne sera qu'une simple formalité de consulter la liste des passagers. De savoir où je pars, d'y débarquer à son tour et de réduire mon existence en une cavale perpétuelle. 

"Bienvenue à bord Mademoiselle Zitchev"

Zitchev, où est-ce qu'il a été le chercher ce nom là, je l'ai découvert en même temps que j'ai passé la douane. Il m'a dit qu'il s'était occupé des passeports, mais je n'avais pas vraiment hâte de découvrir celle que je serai désormais pour le reste du monde. Un coup d'œil sur le document me fit sourire. Mina, voilà c'est officiel Ekaterina Kalinine n'existe plus, je suis Mina Zitchev, quittant sa Russie natale pour s'en aller à la découverte du nouveau monde.

Il ne faut pas que l'on soit ensemble, alors je vais m'installer seul dans l'avion. Assise, ma ceinture bouclée, je colle mon front contre le hublot et remplis mes yeux de ce qui sera les dernières images que j'aurai de mon pays, mon univers, ma vie. Ici j'ai grandis comme n'importe qui, alors que ma naissance même n'a fait qu'aggraver les choses. Je ne déteste pas ma vie pour autant, oui j'ai grandis sans ma mère, sans mon père mais c'est pour cela je suis toujours en vie aujourd'hui après tout. Je suis devenue prostituée comme d'autres deviennent chef d'entreprise, en gravissant les échelons.

"Bonjour, je crois que nous allons faire le voyage côte à côte, je ne pouvais pas rêver voisine plus charmante."
"Charmant et charmeur, vous devez sortir ce genre de phrase à beaucoup de jeune femme j'imagine."
"C'est là que vous vous trompez, je ne suis l'homme que d'une seule femme."
"Et bien elle a de la chance votre femme."
"Elle ne l'est pas officiellement, pas encore en tout cas, mais j'espère que cela changer un jour. En fait si on discute autant que je me présente. Viktor Marinski."
"Sachez, Viktor que les choses changent, il ne faut pas cesser d'y croire et quand à moi je m'appelle Mina Zitchev."

Viktor. Un nom qui m'était familier depuis de très longues années. C'est lui qui a été comme un père pour moi. Après tout je n'avais que seize ans lorsque celle qui m'avait élevée, ma grand-mère, nous a quitté en me racontant toute mon histoire. Apprendre à cet âge là que votre père et votre mère étaient tous deux des agents dormant de deux des plus grosses agences mondiales se faisant la guerre n'est pas facile à digéré. Savoir que mon père avait assassiné ma mère non plus d'ailleurs, qu'il avait appris mon existence me terrifiait et je n'ai fait confiance qu'à deux personne. Viktor et Mikhaïl. Aujourd'hui je quittais l'un d'eux sans rien dire pour le protéger, et l'autre cessait d'exister pour me protéger.

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