Un coup de feu, un de trop peut être. Une balle perdue comme on a l'habitude de dire. Dommage collatéral ou non, toujours est-il que pour une fois c'est moi qui ai été du mauvais côté de l'arme. Quand je pense au nombre de fois ou j'ai donné la mort, c'est presque un miracle que je sois toujours indemne. Je l'étais. C'est terminé, il fallait bien que ce jour arrive, celui ou moi aussi je serai blessée, pour de bon. Le corps de Mark, le flic que je venais d'envoyer dans l'au-delà, n'était pas encore froid et pourtant nous étions les proies, tous les trois. J'ai merdé, en beauté je ne sais pas à quel moment il a réussi à donner sa position et à faire comprendre que j'allais le descendre, mais il l'a fait et à cause de moi nous sommes obligé de tracer encore plus rapidement qu'à notre habitude. J'ai appelé mes frères dès que j'ai entendu les sirènes s'approcher. J'ai l'habitude de courir mais là je n'en peux plus, ça siffle dans tous les sens, je me planque, je me redresse, je tire à tout va pour couvrir Pavel et Derhen. Je n'ai d'yeux que pour eux, les voir à couvert, je ne veux pas qu'à cause de mes conneries il leur arrive quoi que ce soit. La douleur est telle que j'en tombe, les genoux au sol une main sur mon ventre l'autre sur le mur proche de moi. Je ferme les yeux un instant, une seconde, peut être deux. Lorsque je pose mon regard sur ma main, le rouge me fait bien comprendre que ce n'est pas superficiel. Je le cherche dans mon champs de vision, je ne dis rien, je n'en suis pas capable. Il est là, il se rapproche et je sais que je suis désormais en sécurité, je peux fermer les yeux à nouveau, juste quelques secondes…
C'est une main sur mon visage qui me réveille un peu plus tard. Il est là, près de moi, ce grand frère qui envers et contre tout m'aime plus que tout. Je tente de me relever mais sa main sur mon épaule se fait pressante, autoritaire et je reste allongée. Je plane je ne sais pas ce qu'il m'a donné mais la douleur n'est plus là. Soit il a réviser son jugement et pour une fois ne m'engueulera pas avoir je ne sais quelle drogue dans les veines, soit je suis morte et ce serait donc normal que je ne sente aucune douleur. Il me dit de ne pas bouger, qu'il va revenir tout de suite et m'embrasse rapidement. Je regarde autours de moi et je me rends à l'évidence, si je ne suis pas morte, cet endroit glauque et à la propreté très douteuse ressemble à l'antichambre de l'enfer. Mes yeux ne restent pas ouvert longtemps, j'attends comme Pavel me l'a demandé. C'est des éclats de voix qui me font tourner la tête, j'ai beau être stone je sens que quelque chose ne va pas.
"Elle est vivante tu peux déjà être content !"
"Dis moi exactement ce que tu lui a fait … je veux savoir."
"Dans l'état où elle était tu peux être content que j'ai pu retirer la balle et stopper l'hémorragie, mais je suis plus chirurgien depuis longtemps et j'ai jamais été magicien, j'ai du faire un choix… soit je tentait de la recoudre en l'état et que ça se remette pas, soit je faisais ce que j'ai fait, dis moi pas qu'avoir des gamins c'était dans ses projets de toute manière, pas avec la vie que vous menez tous les trois !"
Je n'entends pas la suite, je n'en ai pas besoin j'ai très bien compris ce qu'il s'était passé. La balle que j'avais reçue avait fait tant de dégâts que c'était une question de vie ou de mort. Je garde les yeux fermés jusqu'à ce que j'entende les pas revenir vers moi, je sens les lèvres de mon frère se poser sur mon visage et la voix du charlatan s'adresser à moi, me disant qu'il fallait que je prenne de quoi éviter la douleur pendant une semaine ou deux, ne pas cavaler à tout va et tout irai bien pour moi. Je croise furtivement le regard rougi de mon frère ainé. Je sais qu'il m'aime, trop selon certains, et savoir que désormais sa petite sœur est abîmée de manière définitive ne lui plait pas. Il me prend dans ses bras et me porte jusqu'à l'extérieur du bâtiment, jusqu'à la voiture volée qu'il a garée devant l'entrée. Une fois installés, j'attrape sa main dans la mienne et plonge mon regard dans le sien.
"Promets moi qu'on ne lui dira rien ! Je ne veux pas que Derhen sache ce qu'il a fait. Jamais !"
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