J'ai toujours raison, et il semble que mon air angélique ait fait ses preuves une fois de plus. Une fois sortie des bureaux des flics, je m'assieds sur les marches et mets mes lunettes de soleil en attendant qu'Andrea et Lars sortent d'ici. Je sais qu'ils ne vont pas les garder, ils n'ont rien et de toutes manières, nous n'avons rien fait, je ne force jamais personne à entrer dans mon club. Ce mec était adulte et quoi qu'on en dise, responsable de ses actes, s'il a décidé de venir se frotter à notre plus gros poisson c'est son problème. On ne force personne à se battre, ils font ce qu'ils veulent et je ne descends que rarement à la cave. Ces odeurs de poussière et de transpiration bourré de testostérone pique un peu trop mon nez, plus habitué aux parfums de grandes marques totalement hors de prix. "Mademoiselle, vous ne pouvez pas rester là, on vous a laissé sortir, profitez en et fichez le camps avant que …"
"Que quoi ? Que vous m'attrapiez avec vos pattes pleines de graisse et que je vous fasse un doigt d'honneur ? Après je pense que vous voudriez me coffrer pour une babiole du genre outrage à agent c'est comme ça que vous le dites non ? Mais je vous enverrais mon pieds dans les couilles et je suis sur que même en talons aiguilles je cours plus vite que vous … mais tout cela n'est que pure supposition, vous alliez dire avant que la crasse de vos escaliers ne salisse ma robe c'est bien ça ?"
Un large sourire s'affiche sur mon visage alors que le sien est déformé par une grimace qui en dit long sur le fait que contre moi, il ne peut rien du tout… Je n'ai rien fait et il le sait très bien, c'est pour cela qu'il tourne les talons et rentre dans le bâtiment alors que je fouille dans mon sac et en sort mon téléphone portable sur lequel je compose machinalement un numéro bien connu. Une voix automatique me répond avant que je ne laisse mon message sous le regard réprobateur de mon ainé qui vient de faire son entrée ou plutôt sa sortie.
"Ma chérie c'est Oriana, je suis là depuis un bout de temps et on ne s'est vu qu'une fois, appelle moi, faut qu'on rattrape le temps perdu. Ciao"
"T'es sûre que c'est une bonne idée de la voir ?"
"Je socialise Andrea, ça ne peut qu'être bon pour nous tu le sais. Alors ? Qu'est ce qu'ils t'ont dit à toi ?"
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Et oui bande de nazes, vous ne pouvez rien contre moi pour le moment, je deal de la cam sous votre nez, je m'en fous plein les poches et ça m'éclate. Je suis à peine sorti que j'ai droit au genre de spectacle que j'adore. Je me colle une clope entre les lèvres, m'appuie contre le mur et apprécie la scène. Il n'y a pas à dire, je suis content de l'avoir dans mon camp cette teigne. Elle me fait rire, elle a toujours été comme ça, depuis qu'on est gamins, ça n'a jamais changé. Elle a grandit, est devenue une femme sublime, mais elle est et sera toujours la reine des garces, c'est pour ça que je l'aime. Bien sur c'est ma petite sœur, c'est normal que je l'aime mais la voir aussi féroce et montrer les dents devant n'importe quel gars même s'il fait trois fois sa taille, je l'aime encore plus.
Je manque de me faire bousculer par le flic qui vient d'en prendre pour son grade par la frangine. Je m'approche et l'entends déposer son message. J'aime pas trop ça, j'ai peur qu'elle fasse trop confiance, qu'elle se brûle les ailes en voulant jouer la reine des relations publiques. Mais j'avoue qu'avoir une des plus grosses fortunes de Velvet dans nos contacts, ça ne peut pas forcément être négatif. Et on la connait depuis longtemps la petite héritière, depuis très longtemps. Ça me rend presque nostalgique de son petit séjour dans notre villa de Naples, je me demande ce qu'en penserait Oriana si elle savait tout à ce sujet.
"T'es sûre que c'est une bonne idée de la voir ?"
"Je socialise Andrea, ça ne peut qu'être bon pour nous tu le sais. Alors ? Qu'est ce qu'ils t'ont dit à toi ?"
"Les conneries habituelles, qu'ils vont nous tenir à l'œil et faire quelques contrôles pour voir si tout est vraiment en règles, va falloir s'occuper de trouver des visas pour une ou deux des filles …"
"Je m'occupe des filles, c'est mon domaine, on va calmer le jeu quelques jours pour ce qui se passe à la cave, j'en parlerai à Lars, et toi fais moi plaisir de tenir ce con de Giac' à l'œil, il m'énerve et je sens qu'il va nous foutre dans la merde un de ces jours."
"Ouais t’inquiètes je m'occupe de lui. Je rentre, je te laisse attendre Lars, faut que j'aille faire un peu de … service après vente."
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Délicatesse et savoir vivre, voilà deux valeur que ce flic qui manque de me flanquer par terre en remontant les escaliers, ne semblent pas faire parti de ses compétences. En l'entendant ruminer contre une femme, j'ai ma petite idée sur l'objet de sa frustration. Quelque chose me dit que ma belle patronne à du être relâchée avant moi et profiter pour faire des siennes. Moi qui aime les femmes de caractère, avec elle je suis servi. Même si contrairement à ce que l'on pourrait pensé je ne l'ai pas encore fait passer dans mon lit. Elle ne demanderait que ça, je le sais, il n'y a qu'à voir comment elle me bouffe du regard, mais elle prend un malin plaisir à toujours me résister. En temps normal, je passerais à la suivante, j'ai toujours fait comme ça, après tout on me colle l'étiquette du bad boy sans aucun sentiments ni scrupule, c'est une bonne couverture pour qu'on ne soupçonne pas que cette superbe italienne est en train de me rendre dingue.
Une fois dehors je les vois tous les deux, je leur dois beaucoup après tout, qui engage un ex-taulard norvégien à part des mafieux comme eux ? Enfin mis à part elle, il semble qu'Andrea n'était pas très chaud pour ouvrir le fight club pour lui je n'étais que le dj ascendant videur du Vesuvio. C'est peut être aussi ça qui me plait bien chez cette fille, de m'avoir donné ma chance. Il l'embrasse sur le front et se casse dans un taxi, je vais donc me retrouver seul avec la belle, ça peut s'avérer dangereux.
"Alors ? On va boire un verre pour fêter notre innocence reconnue ? ou t'as trop de compta à faire ?"
"Je pense qu'on peut s'accorder un peu de temps libre, après tout on a quand même été faussement accusés de meurtre par cette grande et belle justice américaine…"
"Tu te rends compte que c'est la première fois qu'on se retrouve seuls hors du club ?"
"Et alors ? t'as peur de découvrir que je sois une dangereuse psychopathe qui rêve de te tuer dans une ruelle ?"
"Découvrir ? non je sais déjà que t'es dangereuse … mais, j'aime le danger."
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