samedi 21 mai 2011

Oriana Sorrentino 2/2

Tu ne tueras pas
Le visage livide, mon reflet dans le miroir me fait peur. Qu'est ce que j'ai fais ? Comment j'ai pu faire cela ? Rien que de fermer les yeux et de revoir la scène j'ai l'impression de n'être que spectatrice. Une projection de moi-même qui regarde une femme en tout point pareille à celle que je suis, appuyer sur l'accélérateur de manière délibérée, ne montrer aucun signe d'hésitation lorsque le jeune homme traversait la rue. Ce n'était pas une hallucination, une projection de moi-même ou rien d'autre. Ce n'était que moi qui lançais ma voiture à pleine vitesse sur un homme qui voulait briser ma famille. Légitime défense selon moi, mais je doute que les forces de l'ordre verraient cela du même œil. 

Mon regard se pose sur le visage de ma mère qui vient d'apparaitre au dessus de mon épaule. Je ne dis rien, je ne sais pas quoi dire et pourtant je sais parfaitement que j'ai agis de la manière dont elle aurait agit elle aussi. C'est dans mon sang, ce besoin incommensurable de protéger les miens. Un dealer à la petite semaine qui pensait pouvoir arriver à faire tomber notre belle famille. Il avait failli réussir, il m'avait eu moi, il m'avait fait tomber dans ses bras pour une seule et unique raison, je l'avais découvert et dire que je n'avais pas apprécié était faible.

"Tes valises sont prêtes, la voiture le sera dans cinq minutes…"
"Mais Maman, ils vont savoir que c'est moi …"
"Ta voiture a été réduites à néant, ton père s'en est occupé, tu ne peux pas rester ici pour le moment. Andrea t'attendra à l'aéroport."
"Tu m'envoies là bas ? "
"Il est temps que tu te mette à travailler, je pense qu'à vous deux vous allez faire des merveilles !"
"Très bien, je me change et je pars."
"Sache qu'il ne le dit pas mais il est fière de toi, et moi encore plus ma chérie!"

Tu ne commettras pas l'adultère
J’étais allongée sur les draps de satin noir, nue, me réveillant doucement, le bruit de la douche dans la salle de bain voisine m’indiquait que mon amant de la veille avait eu la décence de ne pas me tirer des bras de Morphée, heureusement pour lui, vu l’humeur massacrante dont je fais preuve le matin en générale. Me recouvrant je prévoyais de finir mon cycle de sommeil quand il entra dans la chambre, ramassant mes vêtements jonchant le sol.

"Désolé mais y faut que tu t’en ailles…"

J’ai cru rêver, il ne pouvait pas avoir dit ce qu’il venait de dire, le bâtard, je me redressais, en tenue d’Eve, le regardant droit dans les yeux qu’il baissa aussitôt.

"Tu peux répéter ?" 
"Tu ne peux pas rester, je suis désolé mais ma femme va rentrer, elle travaille de nuit à l’hôpital, elle ne va pas tarder, je voudrais pas qu’elle tombe sur toi dans notre lit… tu comprends ?"

Ho mais bien sur que je comprends, mais toi tu n’as pas du bien comprendre à qui tu avais à faire, on ne me prend pas et on ne me jette pas comme ça. Je n’ai aucun scrupule à coucher avec un homme marié ce n’est pas le problème, non le problème c’est que ces hommes sont souvent tellement lâches qu’ils n’ont pas les couilles de le dire avant… tu vas t’en souvenir je peux te le dire.

"Il faut vraiment que tu partes, elle va arriver !" 
"Ne t’inquiètes pas je suis déjà partie … "

Quel hasard cela a été de tomber sur sa femme à la sortie de l’ascenseur, quel plaisir cela a été de lui dire à quel point son mec devait être épuisé par la nuit dernière, quel bonheur de voir sa tête, un délice d’imaginer la sienne quand il la verra arriver… Sache le on ne me traite pas comme ça.

Tu ne voleras pas
"C’est du vol !"
"Ho tu vas pas commencer à jouer les saintes ni touche toi !"
"Je te le faisais juste remarquer …"
"C’est pas du vol, c’est un emprunt temporaire …"
"Tu vas le rendre ce sac ? "
"Non…"
"Donc c’est du vol ma chérie…"
"Cassidy…"
"Oui ?"
"Ferme-la tu veux !"

Tu ne porteras pas de faux témoignage
Combien de fois ai-je menti à la police ? au service de l’immigration ? aux assistantes sociales ? je ne sais plus, mais mes filles savent qu’elles peuvent compter sur moi si elles sont clean avec moi, c’est donnant-donnant. Il faut pouvoir se faire confiance dans le business, elles bossent pour moi, elles bossent bien, alors je peux bien les couvrir un peu et puis je ne mens pas… je ne dis pas toute la vérité c’est tout… 

Tu ne convoiteras pas les biens de ton voisin
Quand je suis arrivée je n’avais pas grande idée de tout ce que mon frère faisait, à qui il était confronté mais je suis fière de nous aujourd'hui. La mafia russe, laissez moi rire, ils n’en mènent pas large depuis quelques temps, même si je sais qu’Elle a de très bons éléments dans ses rangs, je tape dans son business depuis près d’un an maintenant. Mais je sais que je peux en faire d’avantage, je ne veux juste pas tomber dans le n’importe quoi. Les tueurs à gages n’ont qu’à resté chez elle je n’en veux pas ici. Ici on règle ses problèmes soit même. Mais son réseau pour la coke, je vais mettre la main dessus, je vais la mettre à la rue.



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