samedi 4 juin 2011

Behind the Crimson's door


Allongé sur le côté, les yeux fermés, il dort. C'est l'impression que j'ai lorsque j'entre dans la chambre. Il est bientôt trois heures et je n'arrive pas dormir, dans ma tête les images de la nuit dernière se bousculent et me hantent encore et encore. J'entends le coup de feu, je sens la douleur et la colère que j'ai ensuite ressenti. Sortant dans le couloir je fais les quelques pas qui me séparent de la chambre de Pavel. Le parquet grince sous mes pas et je le distingue qui se retourne dans son lit, se redressant sur ses coudes et me faisant face. Je ne dis rien, je me contente d'avancer et de venir m'asseoir sur le bord du lit près de lui, attendant son approbation. Elle ne tarde pas et je me glisse à ses côtés, me calant dans ses bras, la tête posée sur son torse. Je sens ses bras se refermer autour de moi et à cet instant je me sens vraiment en sécurité. Mon frère, mon amour. Je ne sais pas si je serais encore là s'il n'avait pas pris les bonnes décisions pour moi hier. Je reste silencieuse, lui non plus ne dit rien, je ne veux pas parler, je ne veux pas penser, je veux juste dormir. Lorsque j'ouvre les yeux, un regard sur le réveil posé près du lit m'indique que je n'ai dormi que deux heures, entre deux songes il me regarde et le verdict tombe. 

"On ne peut plus rester ici, demain on prend nos affaires et on dégage."
"Où est-ce qu'on ira ?"
"T'inquiètes pas, je m'occupe de tout."

Allongé sur le côté, les yeux fermés, il dort. Cela fait près de trente minutes que j'ai quitté la chambre de Pavel pour traverser le couloir et rejoindre celle de Derhen. Mon jumeau est bien tranquillement en train de converser avec Morphée. Le sommeil du juste. Je me suis assise à la tête du lit, près de lui, je me contente de le regarder dormir. S'il savait ce qu'on lui cache, s'il savait, il en serait anéanti et je ne veux pas qu'il souffre, je ne veux pas qu'il puisse se reprocher quoi que ce soit alors que désormais on ne peut plus rien changer. Ce qui est fait est fait. Mon frère, mon amour. Je passe ma main dans ses cheveux, machinalement comme j'ai l'habitude de le faire lorsque nous sommes tous les deux. Un sourire se dessine sur ses lèvres et sans ouvrir les yeux il repousse le drap et m'invite à me coucher à mon tour. Je me glisse sous le drap, m'allongeant contre lui, mon dos venant frôler son torse alors qu'il m'entoure de son bras. Je ne dis rien, lui non plus. On a pas besoin de cela, on dira ce qu'on veut sur les jumeaux, le lien que j'ai avec Derhen est fort, je l'aime, plus que tout au monde, j'ai beau n'avoir que quelques minutes de plus que lui, je donnerai ma vie pour sauver la sienne, je suis sa jumelle, sa sœur, sa grande sœur. 

"Je suis content que tu ailles bien Zara !"
"Tu me connais, je suis increvable !"

Allongée sur le côté, les yeux fermés, je dors. Du moins j'essaie. Je suis revenue dans ma chambre, il est un peu moins de sept heures et je repense à ce que Pavel a dit cette nuit. Il va falloir qu'on parte. Il a raison, on ne peut plus rester ici, on nous recherche et je ne peux pas courir pour quelques temps encore, je ne sais pas où on va aller je ne veux pas le savoir, je m'en fous du moment que nous sommes tous les trois. La porte s'ouvre et mon ainé passe la tête par l'entrebâillement juste le temps de me dire de n'emporter qu'une valise et d'être prête dans trente minutes. Quitter New York ne m'enchante pas vraiment, mais j'ai merdé et on est plus en sécurité ici, encore moins qu'auparavant. Je me lève et m'habille rapidement, tirant ma valise de sous mon lit, la remplissant de ce qui m'est nécessaire, vingt minutes plus tard je suis dans le couloir avec ma valise que Derhen prend en charge alors que l'on quitte l'appartement à l'abandon qu'on squatte depuis six mois déjà. Un dernier regard rapide avant de monter à l'arrière de la voiture, les valises dans le coffre, mes frères à l'avant, je m'allonge sur la banquette et termine ma courte nuit. Mes yeux se ferment, je ne dors pas encore, mais dire au revoir à ma ville est trop pénible, je préfère ne plus regarder en arrière. Le moteur ronronne et à nous notre nouvelle vie, avant de sombrer dans le sommeil j'entends quelques mots de la conversation de mes frères, je n'en retiens qu'un. Velvet Valley

3 commentaires:

  1. Enfin je découvre l'histoire des Crimson *_*

    J'adore, encore !! La suite, vite !! :p

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  2. Merci vous deux !!
    j'avoue que retrouver Zara et le trio me fait un bien fou ! la suite dans quelques temps ^^

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