Le bruit de moteur qui s'estompe, les marches de bois qui craquent quelqu'un est en train de s'approcher et je n'aime pas ça, je n'aime pas ça du tout. La paume de ma main est moite contre la crosse du revolver que je tiens sans doute trop fermement. Ça non plus je n'aime pas, les armes sont plus la séduction et le sexe que les armes à feu. Je tente de garder mon calme et respirer le plus doucement possible, je ne sais pas qui peut savoir que je suis là. Cette datcha est à moitié en ruine, sans eau courante, sans électricité et me planquer là depuis bientôt deux semaines me rends folle. "C'est moi, laisse-moi entrer, faut que je te parle … Réfléchis Ekaterina, si moi je te trouve, lui n'aura aucun mal …"
Je déteste quand il a raison, je sais que je n'ai pas vraiment le choix, alors je déverrouille la porte, gardant pourtant l'arme à la main. Je n'ouvre que de quelques millimètres pour vérifier que c'est bien lui avant de le laisser entrer. Le regard que je lui lance aurait sans doute le pouvoir de le foudroyer sur place et pourtant je voudrais lui sauter au cou parce qu'il n'y a plus qu'en lui que j'ai confiance. Il s'approche, pose sa main sur mon visage et ses lèvres sur les miennes. Je déteste lorsqu'il fait ça, il sait que je suis en colère et il arrive à me prendre par les sentiments. Moi, une prostituée, avoir des sentiments si forts pour un homme qui connait tout de ma situation et de mon passé, qui sait, c'est peut-être pour ça que je l'aime. Il me connait et il m'aime quand même.
"Il faut qu'on parte ! le plus vite possible !"
"Quoi ? Mais pourquoi ? Et quand ?"
"Il était à Moscou il y a deux semaines … Il va ratisser toute la Russie tant qu'il ne t'aura pas retrouvée, je ne veux pas qu'il te trouve, alors on part ! On décolle ce soir, prépare tes affaires."
"Attends, il … il était là ? Et tu dis on part ? Tu vas quitter le pays toi aussi ? Comment est-ce que …"
"Il faut que tu partes et c'est hors de question que je te laisse partir seule, je me suis occupé des passeports et de tout le reste. Tu me fais confiance ?"
Je manque d'éclater de rire, si la situation n'était pas aussi pressante, je pense que je m'assiérais, je le regarderais durant quelques minutes avant de lui dire qu'il est complètement fou. Confiance, vous auriez confiance en un flic ripou, un mafieux qui change de camps dès que la situation devient trop pénible ? Certainement pas et pourtant je suis en train de remplir ma valise du strict minimum. Je lui fais confiance, je lui confierais ma vie. Attendez, c'est exactement ce que je fais en fin de compte. Je le retrouve dans l'entrée, passant mes bras autour de son cou avant de l'embrasser comme je n'embrasse personne d'autre. Je suis une prostituée certes, mais j'embrasse mon homme, pas mes clients.
"Je te suis, si tu penses qu'il le faut, alors nous n'avons plus rien à faire ici…"
J'adore cet épisode ! Je trouve l'ambiance extra et mystérieuse. On VEUT savoir la suite...
RépondreSupprimerJe +1 parce que j'aime !
je suis RA-VIE ! si ce qu'on ressent à la lecture est ce que je voulais transcrire mission accomplie ! ^^
RépondreSupprimeret moi aussi j'aime que tu aimes ! ;)