samedi 14 mai 2011

Zara Crimson


Cela faisait un peu moins d’une heure que nous avions regagné le manoir, je n’avais pas prononcé un mot sur le chemin du retour, me contentant de conduire la voiture volée à une allure raisonnable pour ne pas se faire attraper une nouvelle fois. Je garai la voiture dans une ruelle à peu près à un kilomètre du manoir et pris soin de sortir tout ce qui m' appartenait, jamais je n’avais opéré devant mon frère et ne savais pas ce qu’il allait dire, comment il allait réagir, mais bien que son avis ait de l’importance à mes yeux, le plus important pour le moment était de faire comme à mon habitude, disparaître toutes traces de lien entre moi et cette voiture, aucune empreinte, aucun effet, plus rien. Mon frère sembla comprendre mais ne s’attendait certainement pas ce que j'allais faire. J'ouvrai la portière arrière et en sorti une bouteille de soda de sous le siège. Après avoir aspergé l’intérieure de la voiture je laissais la bouteille dans le coffre, baissant un tout petit peu la vitre avant de claquer la portière et sortir un paquet d’allumettes de la poche arrière de mon jeans, un léger craquement, une fine odeur de souffre et je la laissai tomber par le fin interstice laisser entre la vitre et le haut de la portière. Il ne fallut pas plus d’une seconde pour que l’intérieure de la voiture se transforme en brasier. M'éloignant de la voiture, un sourire de satisfaction du travail bien fait sur les lèvres et prenant la main de mon frère je l'emmenais vers la rue qui allait nous mener chez nous. Il ne fallut pas longtemps non plus pour que les sirènes retentissent et je voyais l’air surprit de mon frère, mais je ne disais toujours rien. Une morte, une voiture flambée, un contrat de plus respecté. Tout était parfaitement en ordre.

Allongée sur le dos, contemplant le plafond de ses chambres, allongées sur mon lit, je ne pouvais m’empêcher de penser. Tout était parfaitement en ordre à une exception près…un mort de plus… un dommage collatéral comme on appelle ça. Mais lorsque le dommage collatéral en question est un flic, c’est forcément signe de problèmes. Je n’avais pas dis un mot à mon frère depuis que nous étions parti du phare tout à l’heure, je me sentais mal et il le savait sûrement, tout comme je savais toujours quand mon jumeau n’allait pas bien. Tournant en rond dans ma chambre encore quelques minutes, je sortis, claquant la porte, traversai le couloir puis toquai à la porte de la chambre de Derhen, sans pour autant attendre de réponse. Posant ma main sur la poignée je la pressai et ouvris la porte. Une fois à l’intérieur pas de signe de mon frère mais en guise d'indice un rai de lumière filtrant de la porte de la salle de bain, je poussai la porte sentant aussitôt la chaleur accumulée dans la pièce et vis mon frère allongé dans la baignoire, son corps presque totalement immergé et je ne pu m’empêcher de parcourir du regard avant de toquer contre le montant de la porte, provoquant une légère surprise chez mon jumeau, je le regardai avec un sourire triste, la tête appuyée contre la porte.

"Je peux ?"


Lorsque je croisai son regard, ce fut comme si une décharge électrique venait de parcourir mon corps. Ce qu’il y avait entre nous était si indescriptible que je ne savais absolument pas à quoi je pouvais tenter de comparer ce sentiment. Voir son regard s’illuminer à ce point quand il me regarda alors que quelques instants plus tôt il semblait si loin, si terne. Bien que pour moi, terne ne soit en aucun cas un mot qui pouvait entrer dans la liste de qualificatifs que je pouvais utiliser pour parler de Derhen. 
 
Lorsqu’il me donna la permission de le rejoindre, j'avançai dans la pièce, toujours ce sourire un peu triste sur les lèvres. J'enlevai mes vêtements, les laissant tomber négligemment sur le sol me retrouvant comme tant de fois, nue au regard de mon frère. Entrant dans l’eau je m’assis en face de lui, son corps à moitié plongé dans l’eau chaude. Je ne restai pas bien longtemps dans cette position, souvent c’était Derhen qui se blottissait contre moi, mais là, pour une fois, c’était à mon tour, c'est moi qui avais besoin d’être câlinée et rassurée. Je me déplaçai, du moins autant que la baignoire bien que grande, me le permettait et m’allongeai tout contre mon frère, posant ma tête au creux de son épaule et mes mains entourant son torse comme si une fois de plus j'avais cette peur viscérale qu’il s’en aille.


3 commentaires:

  1. MDR, en lisant ça, j'ai eu le réflexe de penser ma réponse... LOL

    Comme c'est bon de revoir Derhen et Zara !

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  2. j'ai été piocher dans notre sujet j'avoue ^^ retravailler un peu le tout mais j'avais vraiment adorer cette partie de leur histoire !

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  3. Ben... t'as pas finis d'y repenser à cette scène... *siffle*

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